A la decouverte du vieux St Florent
Posté le 12.06.2007 par clemenceaudupetitmoulin
(Cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Plan cadastral de 1827 (n°1).
A PROPOS DU PLAN CADASTRAL DE LA VILLE DE ST-FLORENT-LE-VIEIL (1827)
Ce plan cadastral (composé ici de 5 parties) représente la ville telle que Pierre David d'Angers a pu la découvrir en juin et juillet 1825, lors de l'inauguration de son monument, celui de Charles de Bonchamps, en l'église abbatiale.
Par la même occasion, David d'Angers exécute le portrait d'une soixantaine de vétérans vendéens rencontrés dans cette ville et ses alentours.
Le 8 juin 1794, après l'incendie de la ville de St-Florent ordonné par le Comité de Salut Public ("Evacuer Montglonne, en emmener tous les habitants et en retirer tous les canons"*), il ne reste qu'une seule maison qui échappe au feu destructeur des troupes républicaines, d'après la tradition.
Celle-ci désigne la maison Thareau, boulanger, comme la seule épargnée.
En 1823, le placet de Jeanne Bussonnière, institutrice à St-Florent, adressé à Madame la duchesse d'Angoulême, lors de son passage en cette ville en témoigne.
Trente trois ans après cet incendie, la ville a retrouvé sa physionomie d'antan, mais il s'élève encore, ça et là, quelques masures noircies.
Quelques précisions sur les couleurs de ce plan :
Les bâtiments des particuliers sont représentés en rouge brique. Les bâtiments publics en bleu. Ceux qui sont en ruines (masures, dans l'état de section ou la matrice) en jaune d'or.
Une dernière information : ce texte, terminé en juillet 2002, est le fruit des recherches de Luc Clemenceau (1957-2003).
L'originalité de ce travail est qu'il relie les maisons à leurs anciens propriétaires dont un certain nombre a été croqué par David d'Angers en 1825.
LA PLACE MAUBERT (voir plan n°1):
La place Maubert était, comme aujourd'hui, un passage obligé pour le voyageur venant du port ou de l'intérieur des Mauges.
C'est à cet endroit que Jeanneton Lehoreau vit, le 12 mars 1793, le sieur Vaugiraud hâter les insurgés, lors de l'attaque du matin. Elle l'entendit même dire : "Avancez donc !".
Jeanne Lehoreau était la fille de l'hôtesse de la Boule d'Or, dont les bâtiments faisaient face à la place Maubert (lettre A sur le plan). Sa mère, Jeanne Joséphine Provost s'était remariée à Charles Souvestre, un boulanger originaire d'Angers. Souvestre était maintenant aubergiste et secrétaire greffier de la municipalité de St-Florent.
L'auberge, qui formait l'angle du grand chemin de Beaupréau (rue du commerce), appartenait au citoyen républicain Jean-Baptiste Clémanceau (de la Lande), négociant à Montjean.
C'est par cette petite rue étroite qu'ont afflué les centaines d'insurgés du 12 mars.
L'auberge de la Boule d'Or devint les jours suivants le rendez-vous du premier noyau de l'armée vendéenne, lequel allait se désaltérer, en occupant les lieux pendant cinq semaines, sans rien payer au grand dam de ses exploitants.
Pendant la guerre de Vendée, l'auberge de la Boule d'Or servit de casernement à la gendarmerie, et comme telle fut la cible des Vendéens qui l'incendièrent.
* "L'évacuation eut lieu le 7 juin, tous les habitants furent transférés à Saumur, au total 1235 personnes représentant 330 familles ..." voir le texte complet au musée d'histoire locale et des guerres de Vendée à St-Florent.
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Posté le 19.06.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Vue ancienne de l'auberge de la Boule d'Or, transformée en hôtel. Elle trônait encore, il y a quelques dizaines d'années, près de la place Maubert.
On distingue l'enseigne en forme de boule sur laquelle il est écrit "hôtel".
LA PLACE MAUBERT (suite, voir aussi le plan n°1 ci-dessus) :
En l'an XII (1804), c'est l'aubergiste Nicolas Simon et son épouse qui prirent l'auberge de la Boule d'Or.
Perruquier de métier, Simon tenait, depuis 1800, le cabaret voisin, lequel appartenait à la famille Musset (voir lettre B sur le plan n°1).
En 1817, les héritiers Clémanceau de la Lande lui vendront la propriété.
Jeu de boules et salle de billard distrayaient les voyageurs de passage et les habitués de l'auberge.
Durant la Restauration (1815), l'administration enlève à Simon le débit de tabac, avec cette note: "Etranger connu pour être un mauvais sujet".
Il était né à Toulon-sur-Arroux (Saône-et-Loire) et s'était marié à Paris, section de l'Homme Armé.
Quant à son fils, Raymond André Nicolas, sellier de profession, il succéda à son père à l'auberge de la Boule d'or.
Il épousa une fille du pays, Jeanne-Renée Robin, petite-fille d'un soldat de l'armée vendéenne, lequel fut sans doute fusillé après son incarcération dans les prisons d'Angers.
Posté le 21.06.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Après l'incendie du 8 juin 1794, il ne reste qu'une seule maison qui échappe à la fureur républicaine (gravure ancienne visible au musée des guerres de Vendée à St-Florent*).
PLACE MAUBERT (suite, voir le plan ci-dessus).
Tout à côté, touchant l'auberge, aujourd'hui au milieu de la route (lettre B sur le plan), s'élevait la maison de Jacques Musset, marchand de fil, un des premiers insurgés de la commune de St-Florent.
Dans les premiers combats de la Pommeraye (14 mars), de Chalonnes (21 mars), il proposait de mettre les patriotes à la tête de l'armée vendéenne, afin de protéger son armée du feu de l'ennemi. Depuis août 1791, il était membre de la toute nouvelle société des Coteaux.
Pendant la guerre, la femme de Jacques Musset, Françoise-Jeanne Commis fût arrêtée en octobre 1793 et passa 9 mois en prison avec ses trois petits enfants.
François Musset, le frère de Jacques, boulanger à St-Florent, accompagnait souvent celui-ci, d'après les témoignages des patriotes réfugiés à Angers, lesquels qualifiaient François "d'officier" et Jacques de "sergent".
En 1792, François était membre du conseil général de la commune. En avril 1794, comme bien des insurgés de la première heure, il était de retour dans la ville.
Les beaux-frères des frères Musset étaient aussi des "Vendéens d'Anjou" :
- François-Jacques Clemenceau dit "l'homme", meunier au Grand Moulin de Sienne à Botz, un des meneurs de l'insurrection du 12 mars 1793, avec son "ami" Charles Pierre Cesbron d'Argonne, commandant en second de la ville (voir la rubrique "la guerre de Vendée..." article " Il était une fois... la Contre-Révolution".
- René Mouilleras, de Montrevault, officier municipal, "membre du comité des brigands".
En 1797, Jacques Musset, devenu aubergiste, échangeait sa maison brûlée (B)
contre une maison et la boulangerie, vis à vis des halles de la petite ville de Montrevault, appartenant à son frère François, lequel était retiré à cette époque à la Pommeraye, pays d'origine de son épouse Marie Delacoudre.
Cette maison était louée depuis la Toussaint 1796 à René Lévesque, charpentier à Beausse qui céda son bail à l'aubergiste Simon, à la Toussaint de l'année 1800.
* " ...St-Florent fut une des villes les plus ravagées dans la Vendée Militaire. A leur retour de Saumur, beaucoup d'habitants logèrent dans les caves de l'abbaye...En 1803-18O4, dix à douze maisons étaient reconstruites" (d'après un texte du musée des guerres de Vendée intitulé "St-Florent, après l'incendie du 8 juin 1794").
Posté le 14.07.2007 par clemenceaudupetitmoulin
De nouveaux cabaretiers avaient ouvert leur débit de boissons après la guerre de Vendée.
Louis Guesnault, ancien garde des fiefs de l'abbaye, devenu tisserand à la vente des biens de celle-ci, tenait un cabaret avec billard.
En 1793, l'enquête du juge de paix Julien-René Duval le qualifiait de sergent de "l'armée des brigands".
Après la guerre, Guesnault renoua avec son métier, en exerçant aussi la fonction de garde-champêtre à partir d'octobre 1796.
La guerre avait sans doute transformé l'homme, ou peut-être était-ce à cause de son nouveau métier de tenancier de cabaret à l'instar du tristement célèbre boulanger-cabaretier, Louis Housset, qui n'avait pas dessoûlé depuis au moins douze années, au témoignage de ses clients !
Toujours est-il que notre garde-champêtre fut démis de ses fonctions par manque d'autorité.
Jean Clemenceau (le frère de François-Jacques dit "l'homme"), ancien meunier devenu "joctier" (voiturier par terre), tenait lui aussi un cabaret au retour de la guerre.
En 1798, Jean était de nouveau meunier à Varades, au moulin de la Grippe, quand il épousa la veuve du meunier Guillaume Nourry, fusillé à Avrillé en janvier 1794 pour avoir fait traverser la Loire à des "rebelles" (moyennant finance) après la campagne d'outre-Loire.
La profession de voiturier par terre était souvent liée à celle de cabaretier.
Le futur généralissime de l'Armée Catholique et Royale semble bien avoir aussi exercé ce métier quand on lit les pièces de l'enquête du juge de paix Duval : "Jacques Catelineau cabaretier du bourg du Pin..." (voir au-dessus la photo de la sculpture le représentant).
Les autres cabaretiers étaient en 1796 :
- François Chauvin du Marillais (à cette époque une partie de la commune était rattachée à St-Florent).
- Sébastien Delaunay, un marinier, qui tenait sans doute l'Ancre de Marine sur le quai, à l'angle de la rue d'Enfer.
En 1802, Antoine Gontal, ancien sergent-major des armées de la République, tenait une auberge. Il avait épousé une fille du pays.
Il faudrait sans doute ajouter quelques veuves pour avoir une liste proche de la réalité sur le nombre d'auberges et de cabarets à cette époque.
Posté le 14.07.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Carte postale ancienne représentant la tour de l'auberge de la Croix Blanche qui se tenait sur le quai.
On peut lire sur cette tour : "Hôtel de la Gabelle".
L'hôtel, en changeant de nom, a sans doute induit en erreur les historiens locaux, qui localisaient les bâtiments du grenier à sel jusque dans la rue d'Enfer.
EN PASSANT PAR LES QUAIS DE LOIRE.
A l'angle de la rue d'Enfer, se tenait l'auberge où pendait l'enseigne de la Croix Blanche (lettre C sur le plan n°1 ci-dessus).
En 1764, c'était l'aubergiste François Faucheux qui dirigeait l'auberge.
Jean Burgevin lui succéda ensuite. A son décès, sa veuve, Françoise Boumier se remaria avec le sieur Jean Planchet qui tenait l'établissement à la Révolution.
Un dimanche soir de juillet 1780, une rixe entre jeunes gens enivrés éclata dans l'auberge de la Croix Blanche.
Quelques instants auparavant, Coudray, garçon domestique chez Jean Lambert de l'île Gâche, était passé par-dessus le perron de l'auberge donnant sur la rue et le quai.
C'était Giron, domestique de Jacques Guilbault des Petits Champs et Audoin, domestique du chirurgien Guérif qui l'avaient jeté à la rue et traîné vers la Loire.
Après une balade bien arrosée à Bouzillé, Coudray, se disant "le plus fort des îles" (Batailleuse et Gâche), avait excité les deux autres garçons en passant en fin d'après-midi devant la porte du cabaret de Pierre Boisneau.
Ce jour-là, tout Saint-Florent accourait à proximité de la Croix Blanche, alerté par les cris "Au feu! Au feu!" qu'on poussait dans l'auberge.
Ce n'était que Giron, qui venait de précipiter Coudray dans la cheminée, lors d'une seconde incursion dans l'auberge!
Audoin se saisissait d'une bûche et frappait Coudray.
Giron voulût faire de même avec un des chenets, mais l'aubergiste Burgevin l'en empêcha.
Giron revînt à la charge muni d'un tison ardent et frappa plusieurs fois Coudray.
La cheminée était allumée en juillet, mais sûrement pour un autre usage!
A la Révolution, l'auberge de la Croix Blanche appartenait à la citoyenne Jeanne Sohier, laquelle habitait Landemont en l'an V.
Cette année-là, elle déclarait que l'auberge, qui était entièrement incendiée pendant la guerre, était estimée à 12000 livres.
Le linge, hardes, meubles et autres effets mobiliers, pillés et brülés par les colonnes républicaines, étaient estimés à 3000 livres.
Posté le 15.07.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Tableau de Patrice représentant Julie Fouassier en 1826. Est-ce Perron, "l'étranger au département" qui est attablé ?
EN PASSANT PAR LES QUAIS DE LOIRE (suite).
En 1825, lors de la visite de David d'Angers dans la cité florentaise, c'était Julie Fouassier qui tenait l'auberge de la Croix Blanche.
Depuis 1820, elle était veuve de Clément-Claude Clemenceau, le fils cadet de François-Jacques dit "l'homme". A 17 ans, avec son père et son frère aîné François, Clément-Claude avait participé à l'insurrection de Saint-Florent.
Comme son prédecesseur Burgevin, Julie Fouassier n'était pas à l'abri de clients tapageurs.
En juillet 1826, un de ses clients, un dénommé Perron, étranger au département, sortait ivre du cabaret voisin de la Croix Verte (lettre D sur le plan n°1) tenu par la veuve Cosneau.
Perron réveilla toute la basse ville, suite à une rixe avec deux Florentais.
La gendarmerie arriva sur les lieux, croyant à un incendie.
Les gendarmes notèrent dans leur procès-verbal que Julie Fouassier n'avait pas exigé le passeport ou titre de voyage de l'individu, et qu'elle n'avait pas non plus inscrit Perron sur son registre.
L'affaire n'eut sans doute pas de conséquence fâcheuse pour la veuve Clemenceau, mais la veuve Cosneau fut condamnée à payer trois francs d'amende.
En effet, elle avait servi après 10 heures du soir à boire et à manger.
Les protagonistes de l'affaire furent aussi condamnés.
Posté le 18.07.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Plan cadastral de 1827 n°2
LA MAISON DUVAL
En 1817, l'abbé Mathurin Joseph Martin, curé de Montrevault, témoignait que c'était "dans la maison Duval, dans la chambre touchant la rue, que Bonchamps, blessé à mort, reçut un officier d'une autre division, qui lui dit qu'il y avait cinq à six mille prisonniers renfermés dans l'abbaye..." (Lettre E sur le plan n°2).
Depuis le début du XXe siècle, une plaque, au-dessus d'une porte, désigne aux passants la maison en question.
On y lit : L'ASSOCIATION BRETONNE ANGEVINE pour honorer la mémoire de BONCHAMPS a fait poser cette plaque sur la maison où il cria GRACE AUX PRISONNIERS 18 octobre 1793.
Cette maison de tuffeau n'est pas la maison historique comme l'atteste le plan cadastral n°2.
Le plan nous montre un long bâtiment orienté nord-sud, avec une cour intérieure dont l'entrée côté rue était à droite de la porte actuelle, au-dessus de laquelle se trouve la plaque à la mémoire de Bonchamps.
Un second bâtiment faisait face au premier, et un grand jardin finissait la propriété (n°341 et 339).
En 1793, la propriété appartenait à un des notaires de la ville, maître Julien René Marin Duval (plus exactement à son épouse Eléonore Thérèse Céleste Dénécheau) qui exerçait aussi la fonction de juge de paix du canton de St-Florent-le-Vieil.
La maison, qui n'était que ruines, fut acquise le 29 prairial an V (17 juin 1797) par Léonard François Oger, officier de santé, celui-là même qui pansa Charles de Bonchamp en ce lieu (voir la rubrique "Personnalités de la Vendée militaire").
Le 18 messidor an V (6 juillet 1797) Oger achetait à M.Troteau, ministre du culte catholique, demeurant à St-Quentin, "une masure de cave de maison" de 18 pieds sur 15, située proche de la place Maubert (n°340 de la sect. du plan, cet acte suggère que la cour ait été ouverte sur la Grande Rue). Cette masure agrandissait et limitait sa propriété.
Grâce au plan, on peut imaginer que la sortie de Charles de Bonchamp n'a pu se faire que par la venelle des Lavandières, ce 18 octobre 1793.
La place Maubert était noire de monde. La venelle étant étroite, on peut imaginer qu'on eût recours à un filet de pêcheur pour le descendre à la Loire, comme le montre l'iconographie.
Posté le 19.07.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Plaque au-dessus de la porte de l'ex-maison Duval.
A côté de la maison Duval, se trouvait la propriété (lettre F sur le plan n°2) du sieur Joseph Clémanceau de Grand-Maison, ancien juge au tribunal de Beaupréau, et aussi percepteur (jusqu'en 1815) à St-Florent. Il décédait à Chinon en 1840.
En 1793, il avait été fait prisonnier à Beaupréau par les Vendéens et avait dû les suivre pendant 7 mois. Il fut libéré un peu avant le passage de la Loire à St-Florent.
Joseph Clémanceau écrivit à partir de 1825 plusieurs livres dont "Histoire de la guerre de la Vendée"*, mais il ne put jamais faire publier ses livres .
Les insurgés avaient entreposé chez lui de la farine dans une chambre de la maison. Vinrent s'y loger ensuite dans la nuit du 23 et 24 avril des volontaires de l'armée républicaine commandée par Gauvilliers qui préféraient Saint-Florent à la ville d'Ancenis.
En avril 1797, Joseph Clémanceau écrivait à l'administration municipale du canton de St-Florent-le-Vieil afin d'obtenir un dégrèvement des impositions :
"Une maison située à St-Florent-le-Vieil, place Maubert, ayant 60 pieds de face sur la rue, et plusieurs bâtiments adjacents sur le derrière avec un pressoir neuf.
Le tout a été incendié. Ce qui avait échappé au feu a été pillé, dévasté, et il n'est resté que des murs endommagés et des décombres.
Lorsque Saint-Florent-le-Vieil fut évacué (27 mai 1794), il restait encore beaucoup de meubles dans la maison, qui ont été pillés ou brûlés.
Cette maison ne pourrait être rétablie telle qu'elle était à moins de 10.000 livres en numéraire, vu la cherté actuelle des matériaux et main d'oeuvre..."*
En 1797, Joseph Clémanceau avait été chargé de reconstituer l'état civil de la commune de St-Florent-le-Vieil.
* Joseph Clémanceau, Histoire de la guerre de Vendée (1793-1815) Nouvelle Librairie Nationale 1909, publiée par les soins de l'abbé F. Uzureau.
Posté le 19.07.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Portrait de François Cognée, flanellier, par David d'Angers en juillet 1825.
Né en 1766 à St-Florent-le-Vieil, il est alors âgé de 59 ans.
AU CARREFOUR DE LA RUE DU FOUR
A droite, à l'angle de la Grande Rue et de la ruelle, se trouvaient les maisons de François Cognée (302,300,301), dont une partie était dite en masure à l'époque de la confection du cadastre (lettre G).
Cognée était flanellier chez René Grimault (beau-frère de Basile Barré) en 1793.
Au cours de l'insurrection, il avait été vu le 13 mars à la maison des Coteaux, chez le procureur syndic Joseph Renou, en train de rompre les chaises de celui-ci.
En 1798, il était témoin au second mariage de Jean Clemenceau, frère de François-Jacques dit "l'homme", avec Françoise Chereau, veuve de Guillaume Nourry, fusillé à Avrillé en janvier 1794.
En 1824, quand il présente sa demande de pension, des compagnons d'armes témoignent de sa participation aux " guerres de Vendée et d'outre-Loire, en qualité de soldat".
En 1825, François Cognée se faisait faire le portrait par David d'Angers et décédait deux années plus tard (voir aussi à la rubrique "Les croqués vendéens de David d'Angers en 1825").
Du coin de la rue du Four, s'étendait pratiquement jusqu'à la venelle ouvrant sur les jardins de la ville la propriété des Cesbron de la Guérinière (lettre H, 349 : maison, sol et cour, 352 : boulangerie, 350,351 et 359 : jardins).
Certains érudits locaux ont confondu cette famille avec leurs cousins germains, les Cesbron d'Argonne.
La propriété hébergeait, après le passage de la Loire par les Vendéens, le comité révolutionnaire.
C'est là que la déconcertante madame de la Guérinière recevait à dîner le général républicain Moulin.
Elle avait réussi à libérer de la chaîne sa cousine Richard de Longerie.
Mais elle avait aussi dénoncé des insurgés de St-Florent, pour lesquels la fusillade fut leur seul jugement (ainsi la veuve Forestier, Rose Jubin fusillée à Avrillé en janvier 1794).
Posté le 20.07.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Sur cette gravure ancienne, l'église St-Pierre est à gauche, l'église abbatiale à droite.
PLACE DU MARCHE
L'ancienne église paroissiale, l'église Saint-Pierre, trônait au coeur de la cité (lettre I, plan n° 2).
Quelques vestiges subsistent, dont l'ancienne chapelle Montmoutiers-Montifroy, rebaptisée chapelle du Sacré-Coeur, à l'emplacement du musée actuel.
L'iconographie (1) montre le clocher de cette église Saint-Pierre ressemblant à une ziggourat, sorte de tour de Babel.
L'église était restée en ruines après l'incendie. Le 29 avril 1836, le clocher s'éffrondra à deux heures du matin.
C'était dans cette église, le dimanche 17 mars 1793, que furent officiellement nommés les capitaines des quatre compagnies de Saint-Florent-le-Vieil (voir la rubrique "Guerre de Vendée..." article "Il était une fois... la Contre-Révolution(6)".
C'était "sur la Place du Marché vis-à-vis la cure" que la femme de Vincent de l'île aux Bergères du Marillais avait vu, enfant, le diacre Jean Ouvrard (2) tenu "au collet" par Pillier de St-Florent.
Vers 1850, elle témoignait de cela à son curé Edouard Meffray du Marillais.
Elle précisait "qu'on le menait chez le général qui se tenait chez madame de la Guérinière".
Le diacre ne s'évada pas et ne fut pas fusillé sur place en revenant de la métairie familiale comme on le raconte par ailleurs (tradition du curé de la Boutouchère...).
Cette tradition de la fusillade, après l'évasion, est sans doute attribuable à son frère Pierre Ouvrard, métayer à la Rielle à cette époque, et qui fut victime de la répression en janvier 1794. Un mois plus tard, on vendit du vin saisi sur le "rebelle Ouvrard" de la Rielle à la Boutouchère.
(1) Voir aussi "A la découverte du vieux St-Florent (3)".
(2) Voir la rubrique "Les cousins Clemenceau de la Rielle" à l'article "Le clerc tonsuré Jean Ouvrard".