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clemenceaudupetitmoulin
Description du blog :
Histoire d'une famille dont les racines sont en Anjou, vers St-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).
Catégorie :
Blog Famille
Date de création :
03.03.2007
Dernière mise à jour :
04.07.2008
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Les cousins Clemenceau du Grand Moulin

Charles, notre cousin du Grand Moulin

Posté le 06.03.2007 par clemenceaudupetitmoulin
En décembre 2001, les Clemenceau (du Petit Moulin) rencontrent leur lointain cousin Charles Clemenceau (du Grand Moulin*) agé de 89 ans, chanoine retraité de son état à La Ferté-St-Cyr (Loir-et-Cher).

Sur la photo, Charles est au milieu.

Ainsi les descendants de ces deux moulins voisins se rencontrent après une séparation de 2 siècles!

* Charles Clemenceau descend des Clemenceau du Grand Moulin de Botz (comme nous d'ailleurs à un moment donné !), mais la vente du Grand Moulin comme Bien national en 1791 et la guerre de Vendée mettent fin à l'exploitation de ce moulin par les meuniers Clemenceau dont François Jacques dit "l'homme" qui exploite ensuite le moulin de Beauchêne à son retour de guerre vers 1795-96.

Vendu comme Bien national, le Grand Moulin passe à la famille Guiet (voir la rubrique "Meuniers et moulins d'antan").

Quant à François, le fils de François Jacques, il s'établit plus au sud des Mauges à St-Germain(-sur-Moine) au moulin de la Foye en 1800.

C'est de cette lignée dont Charles est issu (voir la rubrique "Les Clemenceau de St-Germain").




--

François Jacques l'homme du Grand Moulin

Posté le 03.12.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Photo de 2 pages du livre "La Vendée angevine, les origines, l'insurrection" de Célestin Port, archiviste de Maine-et-Loire Hachette 1888.

Le 17 mars 1793 (en haut de la page 174), sur la place d'Armes de St-Florent (ou la cour du château*) les insurgés sont en manoeuvre, tandis que les patriotes tirent au canon, depuis la Meilleraie (l'autre côté de la Loire), sur St-Florent.

Les prisonniers patriotes installés sur la terrasse près de l'abbbaye sont exposés au tir de l'artillerie patriote.

François Jacques dit l'homme du Grand Moulin de Botz fait remplacer les prisonniers par ses soldats à qui il demande d'une manière énergique de se montrer...

Les insurgés surveillent les mouvements des patriotes d'en face au télescope.


* Voir le plan n°3 à la rubrique "A la découverte du vieux St-florent (12) e(15)"

Voir "Généalogie de la famille Clemenceau" article "Génération VII : Jacques Clemenceau et Françoise Humeau".

Voir "Guerre de Vendée-Chouannerie" articles "Il était une fois...la Contre-Révolution (2-3-4)".

Voir "Rencontre du 30 juin 2007".

Clemenceau l'homme du Grand Moulin (1)

Posté le 03.12.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Document des autorités républicaines pendant l'insurrection (sans date) 1 L 1028 A.D-49: "Etat des prévenus".
François Jacques a un certain nombre de charges contre lui, mais moins que Cesbron d'Argonne !
La note "N" précise que "sa famme et soeur (laquelle ?) actuellement detenü angers renée Mussette" (orthographe respectée).


Le texte qui suit a été écrit par Luc Clemenceau en 1999 pour le livret "Généalogie de la famille Clemenceau".

François Jacques* naît le 31 mars 1749 au Grand Moulin de Sienne. Il est baptisé le même jour par le curé Esseul de la paroisse de Botz.

Il est le filleul de Jacques Clemenceau, son frère consanguin et de Jeanne Cognée.

Le 10 janvier 1774, en l'église de Saint-Gilles de Botz, François Jacques épouse demoiselle Renée Musset fille du sieur défunt Claude Musset et de demoiselle Jacquine Verdier.

Sont présents au mariage célébré par le curé René Courjaret, François Cognée, oncle, Jacques Clemenceau, son frère, meunier au Petit Moulin, Jeanne Musset tante de la mariée, veuve de Michel Dénécheau (grand-oncle du marié), François Musset, oncle de la mariée.

La fille de ce dernier, Marie Musset avait épousé en 1767, au Grand Montrevault Julien Gruget, marchand sellier, neveu des curés Gruget**.

Sont aussi présents au mariage d'après les signatures Dom Luc Eusèbe Adrianzin de Cazan, sous-prieur de l'abbaye de St-Florent, dom Jean-Baptiste Perrichon, religieux de l'abbaye, Jeanne Scholastique Sartre***, épouse du sieur Clemanceau de Grand-Maison...

François Jacques est meunier au Grand Moulin de Sienne avec son frère Pierre Jean Alexis qui quitte le moulin en 1791. Il part s'installer au moulin à vent de la Rielle (ou l'Ariel) à la Boutouchère qu'il vient de faire construire.

Le 21 septembre 1787, devant maître Julien René Duval****, François Jacques renouvelle le bail du Grand Moulin de Sienne, moyennant les sommes de 350 et 100 livres de charges, avec le moulin à vent de Beauchêne.

En 1789, François Jacques et François Chesné sont députés de la paroisse de Botz pour porter le fameux Cahier de Doléances de la paroisse (lequel a disparu).

Le 13 novembre 1790, en tant qu'officier municipal, François Jacques signe une pétition contre la destruction des moulins à eau situés sur la Loire, commune de Montjean.

Les membres de la municipalité écrivent sur la pétition que les moulins à eau "nous sont d'une urgente nécessité et presque tous les ans lorsque dans des tems de sécheresse nos ruisseaux manquent d'eau nous n'avons pas d'autre ressource que les moulins cy-dessus dénomés" suivent les signatures de Courjaret, maire (le curé!), Denis Ménard (de la Benerie), Raimbault, procureur de la commune, François Gallard, André Chené, Pierre Babin et "Franceaus Clemenceau munispale".

Le 17 novembre 1790, Julien René Duval, est nommé par le directoire du district de St-Florent afin d'expertiser les biens de première origine.

Le 26 octobre suivant, Duval estime le premier article de la commune de Botz qui est le Grand Moulin de Sienne :

"Le Grand Moulin de Scienne sittué paroisse de Botz, composé d'une chambre basse, une chambre haute, un grenier dessus, le moulin acoté, une écurie, un petitcellier, étables à vaches, une autre chambre basse, un fournil, toits à porcs, issues et jardins, contenant environ quatre boissellées et environ huit quartier de pré regainable, affermé à Pierre Clemenceau et autres par acte devant Duval notaire royal à Saint Florent du 21 7bre 1787.
Y compris le moulin à vent de Beauchêne sittué paroisse de Saint Florent consistant dans ledit moulin, et une pièce de terre dans laquelle il est construit contenante cinq boissellées ou environ, pour en payer chaque année la somme de trois cent cinquante livres, et que nous avons estimé valloir en principal la somme de sept mille sept cent livres. Cy... 7700."

L'estimation des Biens nationaux était 22 fois le prix du bail.

François Jacques Clemenceau fait-il une soumission pour le Grand Moulin de Sienne ? Nous pensons que oui, mais il reste à retrouver le document, s'il existe encore*****!

Le 10 février 1791, le directoire du district de Saint-Florent adjuge pour 13900 livres le Grand Moulin et le moulin à vent de beauchêne à Pierre et Jean Guiet******, meuniers au Moulin Moreau.

Cependant, les baux des moulins se terminent fin avril 1797, et les locataires des Biens nationaux peuvent rester jusqu'à la fin de leur bail.

Nous pensons que la famille Clemenceau et François Jacques en particulier sont plutôt mécontents que leurs moulins leur passent sous le nez !

En novembre 1791, le neveu de François Jacques, Pierre Clemenceau, meunier au Petit Moulin de Sienne s'est porté acquéreur de son moulin à eau pour la somme de 3025 livres, mais il est revendu en septembre 1792 par suite d'aliénation au sieur Michelin de Champtoceaux qui règle deux quittances.

Les meuniers Clemenceau sont les grands perdants de la vente des Biens nationaux à Botz.
Par l'intermédiaire de François Jacques, ils veulent alors récupérer les sommes dépensées par leurs aïeux.


* Voir la rubrique "Généalogie de la famille Clemenceau" article "Génération VII : Jacques et Françoise Humeau", et plus précisément le second mariage de Jacques avec Françoise Cognée.

** Voir "A la découverte du vieux St-Florent (14)" concernant la famille Gruget.

*** Mère de Joseph Clemanceau, auteur de "Histoire de la guerre de Vendée", publiée par l'abbé Uzureau.

**** Julien René Duval, notaire royal, puis juge de paix, patriote en 1793.

***** Il se peut qu'il soit parti en fumée lors de l'incendie des papiers du district (voir la rubrique "Guerre de Vendée-Chouannerie" les articles "Il était une fois ... la Cotre-Révolution".

***** Voir la rubrique "Meuniers et moulin d'antan" article "Les meuniers du Grand Moulin de Sienne (2)"

Clemenceau l'homme du Grand Moulin (2)

Posté le 07.12.2007 par clemenceaudupetitmoulin
A défaut d'avoir un portrait de François Jacques dit l"l'homme", voici un dessin d'imagination le présentant de pied en cap ! Ici, il a tout l'air d'un pirate.
Pendant l'insurrection, il est décrit étant "armé d'un fusil à deux coups et de deux pistolets en ceinturon" (1), un reste qui avait échappé au désarmement, pendant l'été 1792.

Le 21 avril 1792, Joseph Renou, le procureur syndic du district de St-Florent, envoie au Directoire du département à Angers une requête du "Sieur François Clemenceau" et de ses cohéritiers, lesquels réclament des remboursements sur les moulins de Sienne et de Beauchêne.

Les Clemenceau devront attendre jusqu'en juillet pour que leur requête soit lue en séance du Directoire à Angers.

En attendant,"L'homme" fait encore confiance, semble-t-il, aux lois de la République en avril 1792.

Mais la Constitution civile du clergé (votée en juillet 1790, condamnée par le pape en mars 1791) a mis en émoi les populations du Bas-Anjou.

Les prêtres, qui n'ont pas prêté serment, sont de plus en plus inquiets pour leur sécurité. Ils sont même remplacés par des prêtres "jureurs" ou "intrus".

Malgré cela, le curé Courjaret (qui a marié François Jacques en 1774) est toujours à la cure du bourg.

Maintenant, les événements se précipitent en mai à St-Florent-le-Vieil, avec l'injonction du procureur syndic, Joseph Renou, envoyée le 8 mai au curé René Courjaret et à son vicaire Jean-Gabriel Raimbault, de fermer leur église, de déposer la clef à leur municipalité et de se rendre sous trois jours au Département à Angers.

Les prêtres gagnent la campagne en attendant des jours meilleurs.

A la mi-juin, un détachement de dragons d'Ancenis en patrouille sur l'Ile Poulas (qui dépend de la commune de Varades à l'époque) est assailli par des paysans, fermiers de monsieur Angebault de Nantes. D'un seul coup de fusil, l'un d'eux tue et blesse deux dragons.

Quant à la garde nationale de St-Florent, qui le même jour patrouille du côté de Bouzillé, rentre sans encombre et sans avoir aperçu l'ombre d'un prêtre perturbateur.

Joseph Renou relate l'incident au Directoire du Département, préconisant "de désarmer tous les mauvais citoyens".

Fin juin, le citoyen Renou reçoit du procureur-général syndic du Département la bonne nouvelle : Maurice Bouvet, aumônier chez madame Grimaudet de la Bourgonnière, René Benoist, ex-curé de Bouzillé et Elie Beurier (2), ancien vicaire de Chanzeaux ont été arrêtés et sont détenus à Nantes, dans la maison des prêtres réfractaires.

A la suite de ces événements, le District désarme "les citoyens suspects" dans le canton de St-Florent, récoltant 151 fusils de chasse, 73 pistolets de poche et 3 sabres en mauvais état.

Plus tard, François Jacques Clemenceau se vante auprès de Symphorien Pouzet (3) "que lorsqu'on avait fait le désarmement chez lui, il lui était encore resté 4 fusils."

En juin 1792, François Jacques est passé définitivement à la Contre-Révolution puisqu'il fait partie maintenant des "citoyens suspects" qu'on veut désarmer !

Le samedi 8 juillet 1792, la requête des Clemenceau est lue en séance du Directoire (la septième).

Les héritiers Clemenceau réclament :

1) 1000 livres que leur grand-père avait avancé aux religieux de l'abbaye de St-Florent-le-Vieil pour la construction du moulin à vent de Beauchêne "comme il appert par l'acte en forme de bail...devant Guérif, notaire à St-Florent le 28 novembre 1727 (4).

2) Les intérêts sur les 1000 livres avancés par l'ancêtre.

3) La plus-value entre les deux procès verbaux "des mouluges, tournures et virures du moulin de Sienne" datés du 6 mai 1709 et du 24 août 1791. La plus-value s'élevait à 813 livres 16 sols 4 deniers.

Le Directoire du département, sur l'avis favorable du Directoire du district de St-Florent arrête que le receveur du district règlera à l'exposant :

1) La somme de 1000 livres.

2) Les intérêts à partir du 20 avril 1792, date de la remise au district de la requête.

3) La plus-value de 813 l. 16 s. 4 d., et ceci après liquidation par le commissaire auquel les pièces seront envoyées, et le tout sur les fonds de la caisse de l'extraordinaire, que l'administrateur fera passer à cet effet.

François Jacques Clemenceau et ses cohéritiers ont-ils reçu les sommes réclamées de bon droit ? Nous l'ignorons.

Mais si les Clemenceau n'ont pas reçu les sommes dûes, c'est un motif supplémentaire pour passer à la Contre-Révolution.

De plus, Pierre Clemenceau du Petit Moulin doit céder son moulin au notable de Champtoceaux, Michelin l'aîné, car le neveu ne peut régler les quittances suite à l'achat du Petit Moulin.

Le 12 mars 1793 à St-Florent-le-Vieil, avec ses garçons, dont François qui n'est pas loin de partir aux frontières vu son âge (il a 19 ans), François -Jacques "explose" (5) !

(1) Déclaration d'Augustin Léridon, commis au bureau d'enregistrement du Montglonne, le 28 avril 1793 (déposition des réfugiés du District de St-Florent devant le juge de paix du canton dans "La Vendée angevine" de Célestin Port Tome II Hachette 1888 p.299).

(2) Elie Beurier, futur curé de Notre-dame de Cholet, est caché au Marillais chez Julien Berthelot, oncle de Louise Berthelot, femme de Jean Clemenceau, lui-même frère de François Jacques "l'homme" (voir Henri Boré "Le Marillais à travers les siècles" ed. Hérault. p.84-85, Julien Berthelot est capturé plus tard par les Bleus, attaché à la queue d'un de leurs chevaux, pour être ensuite fusillé...).

(3) Après l'insurrection du 12 mars 1793, le patriote Symphorien Pouzet, chaisier de profession et bien d'autres témoigneront alors contre les insurgés (voir Célestin Port "La Vendée angevine..." Tome II...).

(4) D'après Célestin Port, "Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, tome I p.237", les religieux de l'abbaye de St-Florent avaient acquis le moulin le 8 novembre 1734.

(5) Et il est loin d'être le seul ! Voir la suite où "l'homme" apparaît en action à la rubrique "Il était une fois...la Contre-Révolution" à St-Florent-le-Vieil.


Clemenceau l'homme du Grand Moulin (3)

Posté le 08.12.2007 par clemenceaudupetitmoulin
En 1825, afin de compléter sa demande de pension, Renée Musset joint un certificat signé par différents vétérans et gradés vendéens (1 M 9 A.D-49).
Parmi ceux-ci, nous retenons la note de Louis Lebrun (°1777 +1866), ancien adjudant-major qui écrit : "le mari de la veuve sus dénommée m'a sauvé des mains des républicains à la Riotière (Ingrandes) à la suite de notre passage d'Outre-Loire".
La tombe de ce vétéran vendéen est toujours au cimetière de St-Florent, voir la rubrique "A la découverte du vieux St-Florent (16)".
Un signataire, René Guillaume Michel, lieutenant est croqué par David d'Angers à la même époque.


Après la guerre de Vendée, François Jacques s'établit au moulin à vent de Beauchêne, alias le Grand Breil en St-Florent.

Sous la Constitution de l'an III, en juillet-août 1796, François Jacques est proposé comme auxiliaire avec Jean Onillon, pour suppléer les assesseurs Michel Beduneau et Hardy Bretault.
Denis Ménard de la métairie de la Bênerie, proposé comme agent de la municipalité et René Piton, adjoint, refusent leur poste sous prétexte qu'ils ne savent pas écrire.
La municipalité n'a donc pas d'agent et c'est St-Florent qui se charge pendant quelque temps de l'état civil.
François Jacques avait été inscrit "Clemenceau l'homme meunier", puis son nom avait été rayé, semble-t-il pour des raisons de changement de commune ou soit qu'il n'était plus éligible, puisqu'il n'apparaissait plus sur les listes des électeurs.

En 1797, dans le "Registre des terres de la Baronnière" (1) tenu par Pierre Emeriau, de Rigalle en la Chapelle-St-Florent, Clemenceau l'homme est cité :

"...plus trois octobre livré un septier de bled seigle mesure de St-Florent à François Clemenceau meunier à Boauchêne pour le conte de Babin voiturier pour frais de voiture quil a fait pour madamme de Bonchamps..." (orthographe respectée).

En 1804, l'homme fait le déplacement à St-Germain (2) quand son fils François décède à l'âge de 30 ans au moulin de la Foye.

Le 19 mars 1807, c'est à son tour de quitter cette terre à l'âge de 58 ans. Son fils cadet Clément-Claude et Sébastien Réthoré, perruquier, son neveu par alliance - il a épousé l'aînée des filles de Jean Clemenceau - déclarent son décès devant l'adjoint Lecocq.

En 1825, sa veuve Renée Musset demande une pension au Roi, en tant que veuve de soldat vendéen.

Fournier, le greffier écrit :

" Son mari François Clémanceau..a fait avec zèle et dévouement les guerres de Vendée et d'Outre-Loire. Qu'il fut un des premiers à embrasser la cause de la légitimité, que sa bravoure et bonne conduite lui méritèrent d'abord le grade de maréchal des logis, que monsieur de Bonchamps, son premier général, voyant de plus en plus ses talents militaires l'éleva ensuite au grade de capitaine.
Que le zèle qu'il portait à la monarchie lui fit abandonner le Grand Moulin de Botz, où ils avaient un fort mobilier, qui a été pillé et incendié par les Républicains; que trois de ses enfants se sont aussi fait distinguer dans l'armée royaliste.
Qu'aujourd'hui elle est restée seule avec une fille mariée aussi pauvre qu'elle et qui est mère de sept enfants en bas-âge.
Pourquoi elle supplie votre excellence d'avoir égard à sa triste position pour la faire participer aux bienfaits accordés par sa majesté aux veuves des militaires vendéens les plus distingués. Elle est persuadée, Monseigneur, que vous accueillerez favorablement la demande d'une pauvre veuve illustre presque octogénaire et qui a été mise plusieurs fois en prison à cause de la haine que l'on portait à son mari et à ses enfants ".

En effet, dans un index alphabétique (sans date) où les insurgés sont répertoriés, au nom de "Clemenceau l'homme meusnier à Botz", on avait ajouté : "N sa famme et soeur actuellement détenü angers renée Mussette" (orthographe respectée) (3).

Sa belle-soeur, Françoise Jeanne Commis (°1766 +1828 Montrevault) est aussi emprisonnée pendant 9 mois avec 3 petits enfants.

Elle est arrêtée par ordre du général Moulin "l'aîné", avec plusieurs personnes de St-Florent, et conduite à Angers.

Le 9 mai 1794 (le 20 floréal an II), à la question "Si elle aime les prêtres réfractaires et si elle fréquente souvent les boîtes à indulgence (le confessionnal !) ?", elle répond au tribunal révolutionnaire "que non !" (4).

Ce qui lui sauve la vie ! Elle préfère sûrement mentir et revoir ses enfants, quitte à aller se confesser plus tard dans une "boîte à indulgence" auprès de monsieur le curé !

Son mari est le "fameux" brigand (5), Jacques Musset (°1758 + 1825 Montrevault), marchand de fil à St-Florent qui propose plusieurs fois lors des combats de la Pommeraye, de St-Laurent-de-la-Plaine et de Chalonnes de lier les prisonniers patriotes et de les mettre à la tête de l'armée vendéenne.
L'autre Musset, boulanger (ainsi signalé lors de l'insurrection) est son frère François (°1762 +1803 St-Florent), époux de Marie Delacoudre (6).

Leur soeur, Renée Musset, veuve de François Jacques Clemenceau, s'éteint en 1829 à l'âge de 79 ans, au Grand Breil à la Boutouchère.


(1) Registre à la mairie de la Chapelle-St-Florent.

(2) Maintenant St-Germain-sur-Moine, voir la rubrique "Les cousins Clemenceau de St-Germain".

(3) Voir le document à l'article ci-dessus "Clemenceau l'homme du Grand Moulin (1)".
Concernant Renée Musset et les autres femmes de la famille, nous n'avons rien trouvé de plus dans les registres d'écrous des prisons d'Angers.

(4) Le Comité révolutionnaire d'Angers avait déjà fait condamner à mort des milliers de Vendéens et Vendéennes.
François l'Hostis écrit dans son livre "Les Ponts-de-Cé, une ville à feu et à sang" Editions du Choletais 1995 p.110 : "Le rappel de Francastel (représentant du peuple), le 29 avril, et la suppression de la Commission militaire à la même époque marquent la fin des condamnations à mort mais non des arrestations".
Le 13 mai, le général Turreau, l'initiateur des Colonnes infernales est destitué de son commandement.
Les tortionnaires perdent de leur superbe.

(5) Suivant les dires du juge de paix de Ste-Christine, Martin Thomas.
Voir la rubrique "Il était une fois...la Contre-Révolution (5)".

Jean Clemenceau, le frère de l'homme (1)

Posté le 18.12.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Cliquez sur la photo pour l'agrandir.
Photo de la 2ème partie du premier mariage de Jean Clemenceau, "aagé de vingt deux ans" et de Louise Berthelot "aagée de vingt et un an" en 1776 à la Boutouchère.
On peut remarquer parmi les signatures des 3 frères Clemenceau, que celle de Pierre, le maître d'école est plus assurée.
Les signatures de Jean et François Jacques dit "l'homme" sont plus laborieuses (surtout celle de "Jan Clemancau" !).

Parmi les frères (1) de "l'homme" impliqués dans l'insurrection, nous retenons seulement Pierre, huilier au Grand Breil, puis maître d'école à la Boutouchère ainsi que Jean qui participent activement à la guerre de Vendée.

Le texte qui suit est extrait du livret familial (1999) écrit par Luc Clemenceau. Il concerne Jean.
Nous parlerons plus loin de Pierre, le maître d'école.

Jean Clemenceau naît le 24 juin 1753 au Grand Moulin de Sienne à Botz.

Le 13 février 1776, il épouse en l'église de la Boutouchère Louise Perrine Berthelot, fille de Jacques Berthelot, fermier en l'île Batailleuse, et de Jeanne Bourget de Varades.
Six jours plus tard, les époux passent un contrat de mariage de 400 livres chacun devant maître Duval.
A cette époque Jean est meunier au moulin de Boisson (2) à Chaudron. Il y demeure avec sa femme jusqu'en 1783, où naissent 6 enfants.

Le 29 septembre 1782, Jean Clemenceau prend à bail le vieux moulin à vent de la Voie en St-Florent, appartenant à Brice Delaunay et à ses enfants, moyennant 90 livres de rente foncière, 4 boisseaux de seigle, un boisseau de froment et 5 sols de rente, devant maître Duval.
L'acte (E 2035, aux A.D de M-et-L) nous indique que le lieu-dit du moulin de la Voie (3)consiste en une maison, écurie, cour et jardin du meunier, et son moulin à vent.

En 1784, devant maître Barré, notaire à St-Florent, Jean Clemenceau et Louise Berthelot vendent des immeubles au Marillais, moyennant 3058 livres à Julien Berthelot, closier à la Blardière et sa femme Françoise Testard.
Julien Berthelot est l'oncle de Louise.

Neuf ans plus tard, pendant la guerre de Vendée, Julien Berthelot du Marillais (4) est pris par les "Bleus" et attaché à la queue d'un cheval. Ces derniers le dépouillent de ses habits, ne lui laissant que sa culotte et sa chemise.
René Vincent de la Baclaire, le cousin de Pierre Clemenceau du Petit moulin (neveu de Jean) est pris aussi par la même troupe.
Ils sont emmenés pour être fusillés tous les deux dans l'Ouche de St-Nicolas (soit le 8 novembre 1793-18 brumaire an II, d'après l'état civil du Marillais ou le 6 avril 1794, cure de la Chapelle-Ste-Chapelle).

Le 11 avril 1794 (22 germinal an 2), à la naissance de sa fille Françoise Perrine, Jean Clemenceau est dit "absent du pays pour cause de brigandage".
Louise Perrine, sa femme est sur une liste de suspects avec 36 autres femmes de St-Florent-le-Vieil (1 L 1310 bis AD-49).

Le 27 mai 1794 (8 prairial an 2), la femme de Jean Clemenceau est aussi inscrite avec ses enfants sur la "liste des individus qui ont évacué la commune de Montglone (5)".
Le fils aîné Jean (16 ans) n'y figure pas. Il est "au brigandage avec son père", vraisemblablement dans l'armée de Stofflet (voir plus loin).

Louise Perrine Berthelot décède à St-Florent en février 1795 à l'âge de 40 ans (d'épuisement, de chagrin... les deux à la fois ou de morte violente ?).
Il n'est pas certain que son "brigand" de mari soit présent lors de son dernier soupir.

Il faut attendre qu'un traité de paix soit signé dans un champ près de l'Ouvrinière à St-Florent le 2 mai 1795 entre Stofflet et les représentants républicains pour qu'un semblant de vie normale reprenne. Mais Stofflet est de nouveau sur le chemin de la guerre quelques mois après.

Fin juin, les émigrés royalistes débarquent à Quiberon (6) grâce à la flotte anglaise. Des milliers d'hommes sont accueillis par les chouans de Bretagne. Mais bloqués sur la presqu'île de Quiberon, ils sont définitivement battus le 21 juillet 1795 par les troupes de Hoche.

Quant à Louise Berthelot, elle a donné naissance à onze enfants (pratiquement un tous les deux ans, le temps de l'allaitement). Trois de ses enfants meurent avant la guerre de Vendée, deux pendant celle-ci. Nous ignorons la destinée de l'un d'entre eux.
Seulement cinq enfants se marient (voir l'article suivant).


(1) Concernant le frère Pierre Jean Alexis (°1755 Botz au Grand Moulin +1801 La Boutouchère), qui fonde la lignée des meuniers de la Rielle, voir la rubrique " Les cousins Clemenceau de la Rielle".
Nous n'avons pas trouvé de document sur la participation de Pierre Jean Alexis à l'insurrection. Il est vrai qu'il est décédé en 1801.
A cette époque, on ne s'occupait pas encore des soldats vendéens.
Son moulin à vent fut à l'évidence livré aux flammes vu sa situation géographique.

(2) C'est là que son arrière grand-père demeurait en 1662 (voir la rubrique "Généalogie de la famille Clemenceau", article "Génération IX...").

(3) Il existait 2 moulins à vent au lieu-dit de la Voie. L'autre moulin appartenait à la famille Fleury de St-Florent dont les fils prirent activement part à l'insurrection (Voir les rubriques "Portraits de Vendéens d'Anjou" et "Il était une fois...la Contre-Révolution").

(4) Voir le livre de Henri Boré (pp.84-85) "Le Marillais à travers les siècles" Hérault 1985.
Quant à son fils Julien ((°1759 Le Marillais X 1784 Marguerite Cussonneau), après avoir été à la prison de la citadelle, il est fusillé à l'âge de 35 ans à Avrillé (Champ des Martyrs) lors de la 9e et dernière fusillade le 16.04.1794 (voir rubrique "bibliographie" : Houdebine).

(5) 6 L 36 Folio 12 AD-49 : "la femme Clemanceau, meunière, 1 mâle, 6 femelles". Il s'agit d'Eusèbe 5 ans, de Louise Jeanne 18 ans, de Marie 13 ans, de Félicité 11 ans, de Mathurine Louise, 7 ans et de Françoise Perrine, 2 mois.
Le 7 juin 1794 , 1235 personnes évacuent la ville pour Saumur, soit 330 familles.
Le lendemain, St-Florent-le-Vieil est en flammes suivant les ordres de la Convention.
Après l'incendie, il ne reste qu'une seule maison debout d'après la tradition (voir la rubrique "A la découverte du Vieux St-Florent").

(6) Voir dans les sites préférés "L'affaire de Quiberon".
Martin Béranger, le second mari de Marie Oger, veuve de Pierre Clemenceau (neveu de Jean) faisait partie des survivants du régiment d'Hector. Il nous reste toute une recherche à faire pour éclaicir sa présence en Bretagne à cette époque (voir les rubriques "Généalogie de la famille Clemenceau" article "Génération V (2e partie)" et "les cousins Béranger-Horeau").

Un temps pour la paix, le 2 mai 1795

Posté le 18.12.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Photo prise en août 2007 près de l'Ouvrinière à St-Florent-le-Vieil.
Sur la plaque apposée par le Souvenir Vendéen en 1995, il est écrit : "Dans ce champ furent signés par Stofflet et les délégués de la Convention le 2 mai 1795 les Accords de la Paix de St-Florent-le-Vieil".

Texte à venir

Jean Clemenceau et ses fils Jean et Eusèbe (2)

Posté le 19.12.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Photo du moulin de la Grippe à Varades (44), avant les années 1950 ? collection de Mr Oger.

En 1797, deux années après le décès de sa femme Louise Berthelot, Jean Clemenceau est installé comme aubergiste à St-Florent-le-Vieil.

Combien de récits, de faits d'armes sont racontés dans les auberges et cabarets tenus par d'anciens soldats de la Grande Guerre et qui sont perdus à jamais !
Chez Fleury, chez Clemenceau...on refait peut-être les batailles, les combats ?

Le 18 août 1798 (le 1er fructidor an 6) Jean Clemenceau se remarie à St-Florent-le-Vieil avec Françoise Chereau, fille de d'André Chereau et de Françoise Gazeau.
Françoise Chereau est veuve du meunier Guillaume Noury (1), lequel tenait le moulin de la Grippe (2) à Varades.
Sont témoins à leur mariage, deux vétérans vendéens de St-Florent, Jacques Marsault, lequel avait été nommé lieutenant le dimanche 17 mars 1793 en l'église de Saint-Pierre par Charles Cesbron d'Argonne, ainsi que François Cognée (3), flanelier, qui fut croqué par David d'Angers.

4 ans plus tard, le 8 novembre 1802, Jean Clemenceau décède au moulin de la Grippe à l'âge de 49 ans. Le couple n'a pas de descendance.

Comme nous l'avons vu, son fils Jean, à l'âge de 16 ans, suit son père pendant la guerre de Vendée.

Le 28 juin 1793, au combat de Nort (4), Jean est blessé à l'oeil, suite à l'explosion d'un caisson de poudre. Il est alors "privé de la partie de l'oeil gauche qui lui cause (par la suite) de violents maux de tête..." (5).

Malgré cette blessure, il se trouve dans la majeure partie des affaires, sous le général Bonchamps, et sous ceux qui lui succèdent.

Jean fait ensuite la "Virée de Galerne" comme soldat.

En 1806, il épouse à Botz Renée Pineau avec laquelle il a 3 enfants. Il travaille au moulin neuf chez les cousins Bretault avant d'exercer son métier de marchand de fil au bourg de Botz en 1807.

En 1815, il est nommé capitaine d'une compagnie de Botz.

En 1825, il jouit d'une pension de 50 francs, comme l'indique le maire de Botz, Joseph Bretault, son cousin germain.

En 1834, il décède à Botz à l'âge de 56 ans.

Quant à Eusèbe, le plus jeune fils de Jean Clemenceau et de Louise Berthelot, il naît en 1789 à Botz.

Il exerce le métier de sabotier.

En 1809, Eusèbe épouse à Botz Marie Pineau, la soeur de Renée, femme de Jean, son frère.
Le couple a 4 enfants.

Il participe, semble-t-il, aux événements de 1815, car il est cité sur une liste datée du 7 mars 1817 (vu dans une exposition aux A.D-49, mais sans référence).
Sur cette liste, des sommes étaient allouées "aux pauvres de la commune de Botz".
Cela concernait des veuves d'anciens soldats et de Vendéens dans la misère.

En 1842, Eusèbe Clemenceau décède à Botz à l'âge de 53 ans, où il est "trouvé noyé à l'étang de la Maison neuve".


(1) Guillaume Noury (ou Nourri), 31 ans, a été fusillé à Avrillé le 15 janvier 1794 (voir 2e fusillade "Champ des Martyrs"), pour avoir voulu faire passer clandestinement des "brigands" revenant de la "Virée de galerne".
Le 2 janvier 1794, le meunier se fait piéger par le commandant du bateau armé, le "Jean Bart" qui contrôle le secteur sur la Loire.
A cette occasion, un garçon de 14 ans sert d'amorce. Le commandant prend sur le fait Guillaume Noury qui réclame 150 livres par personne pour le passage. Parmi les clients, un "ci-devant" de La Doupe du Fougerais (voir l'article "Loire et Révolution entre Ancenis et Ingrandes", p.109 de l'ARRA-Ancenis).

En fait, il s'agit de Daniel-François de la Douespe du Fougerais qui est un riche négociant bordelais ayant fait fortune aux Caraïbes.
Dans un premier temps, celui-ci est ouvert aux idées nouvelles, mais en mars 1793, il prête son château de l'Oie aux Royalistes et il les suit pendant la "Virée de Galerne".
Après sa capture, il est exécuté à Angers le 6 juin 1794, donc bien après le meunier Guillaume Noury (voir sur "Google" le livre pp.42-43 de Bernadette Bucher "Descendants de chouans : histoire et culture populaire..." Ed.MSH 1995).

(2) Dans les années 80, nous avions recueilli une tradition auprès d'André Oger (descendant des meuniers Davodeau à qui nous devons la photo) qui demeurait au moulin à l'époque.
Il racontait que les Vendéens faisaient des signaux depuis Varades grâce aux ailes du moulin de la Grippe en direction des moulins de la Boutouchère, distants de 6-7 kilomètres.

(3) Voir le portrait de François Cognée à la rubrique "A la découverte du vieux St-Florent (9)"

(4) Maintenant Nort-sur-Erdre.
En prévision de la prise de Nantes, une partie de l'armée vendéenne passe par la rive droite de la Loire, conduite par Cathelineau.
Mais les Vendéens sont retardés à Nort au Pont St-Georges par la troupe républicaine commandée par Meuris. Ce retard a des conséquences néfastes pour l'armée vendéenne.
Le lendemain, c'est le siège de Nantes où Cathelineau est grièvement blessé.
Voir dans les sites préférés : "Les batailles de la Vendée contre la République (Nantes, Cholet, Savenay)".

(5) C'est grâce à sa demande de pension (AD-49) que nous avons ce détail, certificat médical à l'appui des chirurgiens Tarault de St-Quentin !
Le 22 mai 1825, ses états de service sont signés par les capitaines Louis Grassset et Bretault, les colonels Martin Baudinière et L'huillier, tous les deux chevaliers de St-Louis ainsi que par Tristan Martin, ancien adjudant général, maintenant colonel et chevalier de St-Louis (croqué par David d'Angers la même année).

Pierre Clemenceau, maître d'école (1)

Posté le 19.12.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Photo à venir.

Le texte est extrait du livret familial (1999) écrit par Luc Clemenceau :

En octobre 1766, Pierre Clemenceau (°26.12.1734 Botz) est meunier au Petit Moulin de Sienne chez son frère Jacques.
En 1753, il est parrain de son frère consanguin Jean (voir ci-dessus), puis de son neveu Pierre Clemenceau, fils de Jacques en 1766.

Le 27 novembre 1770, il épouse en l'église de St-Gilles de Botz Renée Boisseau, fille de Jean Boisseau, maçon et de défunte Renée Macé.

Le frère de Renée Boisseau, Michel, maçon comme son père, avait contribué à la construction de la maison presbytérale de la Boutouchère, dont la première pierre fut posée par madame la comtesse d'Autichamp, le 17 août 1782.
Leur neveu, René Boisseau, fils de Pierre Boisseau et de Marie Ménard épouse à St-Florent Renée Clemenceau, la fille de François Jacques Clemenceau (l'homme) et de Renée Musset (le 9 fructidor an XIII).

Des membres de la famille de Renée Boisseau*, épouse de Pierre Clemenceau, sont aussi impliqués dans la guerre de Vendée, ainsi Rémy Raimbault le cousin germain de Rénée.
Avant la Révolution, il est cuisinier des moines de l'abbaye de St-Florent.
Après son mariage avec Marie Jubin, il est dit traiteur lors du baptême de son fils René Dominique.
Pendant l'insurrection vendéenne, il a le grade de capitaine (demande de pension au nom de sa femme).
Pris par les "Bleus", lors de son retour de la "Virée de Galerne", Rémy Raimbault est condamné à mort et fusillé aux Ponts-de-Cé.
Son fils René Dominique est rebaptisé par le prêtre "intrus" Vallée.
Il est curé du Pin-en-Mauges et devient le promoteur du petit musée des guerres de Vendée.

Mais revenons à Pierre Clemenceau.

En octobre 1773, Pierre loue à rente une chambre de maison avec jardin située au Grand Breil et provenant de succession directe, moyennant 12 livres de rente foncière à René Antier dudit lieu.

Le 17 octobre 1775, en l'église de la Boutouchère, Pierre Clemenceau est dit maître d'école** au mariage de son beau-frère Etienne Boisseau, lors de son mariage avec Martine Magdeleine Ménard.

En septembre 1776, devant maître Gautreau, notaire au Mesnil, Pierre Clemenceau vend une chambre haute, une antichambre, un grenier, un petit appentis et plusieurs morceaux de terre sis en Montjean, moyennant 542 livres, à Etienne Bouteiller, pêcheur et Perrine Blon sa femme.
Dans cet acte, Pierre Clemenceau est dit "meusnier au Grand Breil*** de St-Florent".

* Un descendant de cette famille Boisseau, Armand dit l'Angevin, architecte construisit l'église actuelle de la Boutouchère. L'adjudication pour la construction de l'église eut lieu en 1887, réalisée par l'entreprise Boisseau et la bénédiction de celle-ci fut faite en 1892 (informations Odile Halbert).

** Le chanoine Urseau écrit à la page 216 dans "L'instruction primaire avant 1789 dans les paroisses du diocèse actuel d'Angers, Paris 1890 et 1893" :
"La Boutouchère...qui n'était qu'une fillette de la paroisse de St-Florent-le-Vieil possédait de 1775 à 1790 un maître d'école laïc nommé Pierre Clemenceau".
Le chanoine cite Spal et Célestin Port.
A ce sujet, C.Port écrit :
" Depuis 1775 et au moins jusqu'en 1790, on trouve au bourg (de la Boutouchère) un maître d'école laïc du nom de Pierre Clemenceau". Voir son dictionnaire...du Maine-et-Loire tome I p.464, 2e colonne.
Si l'on devine à quel document se référait C.Port pour indiquer la première mention de Pierre Clemenceau comme maître d'école, il nous est impossible de donner une référence pour l'année 1790.

*** A cette époque, le moulin du Grand Breil, alias Beauchêne n'est pas encore construit.
Célestin Port, dont le texte porte à notre avis une coquille, écrit à l'article "Le Grand Breil, ferme de St-Florent-le-Vieil " :
"Les religieux de St-Florent furent autorisés en 1785 (lire 1780 !) par le prévôt de St-Laurent-du-Mottay à y élever un moulin à vent (p.483).
Pour cette raison, Pierre Clemenceau devait encore travailler au Petit Moulin et au premier moulin à vent de Beauchêne qui jouxtait le grand chemin de St-Florent à Beaupréau.
Ce chemin passait devant le Grand Moulin de Sienne, non pas en contournant le mamelon du coteau comme il y a quelques années, mais en descendant tout droit vers celui-ci dans la petite dépression qui se trouve dans l'axe du pont.

Pierre Clemenceau, maître d'école (2)

Posté le 26.12.2007 par clemenceaudupetitmoulin
Photo à venir.

Dans les années 1780, Pierre Clemenceau exploite toute la closerie ou bordage du Grand Breil qui lui appartient, et où il demeure.

Le 6 juillet 1781, il déclare devant René Florent Chicotteau, feudiste de l'abbaye de St-Florent (1), 4 articles dépendants de la closerie du Grand breil, qui relevent du fief de la prévôté de St-Laurent-du-Mottay.

En octobre 1783, il est dit huilier au Grand Breil, lors d'un contrat de constitution de 15 livres au principal de 300 livres, à rente hypothécaire, qu'il consent à Pierre Grimault, meunier à Rohou en St-Laurent-du-Mottay.

Sa fonction de maître d'école doit lui laisser quelque temps libre entre la classe et les services contractuels rémunérés au casuel qu'il effectue auprès du curé de la paroisse de la Boutouchère.

Etait-il exempt en partie de taille, comme certains de ses collègues ?

En 1787, il était imposé à 1 livre de taille et à 5 sols 3 deniers de taxe de chemin,

- moitié moins qu'un jardinier comme Pierre Marquis,
- 2 fois plus qu'un simple voiturier, comme Pierre Binquet, que le maçon Charles Gautreau, que le perruquier Boisneau, que le sabotier Pineau ou qu'un tisserand, comme Pierre Gerfaut,
- et 3 à 5 fois moins qu'un cordonnier comme Philippe Oger ou Charles Bretaudeau.

Le maître d'école de St-Florent, Clément Leguay, paye quant à lui 1 livre 10 sols.

Le 12 avril 1788, devant maître Julien René Duval (2), notaire en St-Florent, Pierre Clemenceau, en tant que tuteur de ses neveu et nièce Pierre et Mathurine, enfants de feus Jacques Clemenceau et Mathurine Vincent, renouvelle le bail du Petit Moulin qui commence le 1er mai 1788 et finit au 30 avril 1797, moyennant 100 livres par an.

Quatre mois plus tard, le 10 juin 1788, Pierre et Mathurine Clemenceau se marient le même jour à St-Florent.
Pierrre se marie avec Marie Oger, fille d'un métayer de St-Florent demeurant à la Jolivière, et Marie, avec un des fils du meunier François Cognée du Gué-Aujard.

Pierre Clemenceau (ex-maître d'école) participe à la guerre de Vendée, il est commandant d'une garde (comme il est indiqué sur la demande de pension de son fils).
Il fait aussi la campagne d'outre-Loire (ou "Virée de Galerne") avec son fils Pierre, alors âgé de 21 ans qui deviendra commandant (3) d'une compagnie sous les ordres des généraux de Bonchamps et de la Rochejaquelein.

En 1800, Pierre Clemenceau décède au Grand Breil à la Boutouchère à l'âge de 66 ans.

En 1803, le fis Pierre Clemenceau se marie à St-Florent-le-Vieil avec Jeanne Veillet (°1781 la Boutouchère +1849 Chaudron) fille d'Alexis Veillet, maréchal, mort au combat pendant les guerres de Vendée et de Jeanne Raimbault.

La closerie du Grand Breil a été pillée et incendiée par les troupes républicaines, lors de leur absence outre-Loire.
Cet incendie a causé au fils Pierre Clemenceau, ainsi qu'à sa soeur Marie (°1773 +1846 Chaudron) une perte de 1000 francs.

C'est ce que déclare Pierre Clemenceau en 1825, lors de sa demande de pension (4). Il est alors closier au Grand Breil et dans le besoin.

En 1846, Pierre décède à Chaudron à l'âge de 74 ans (5).


(1) Pendant la guerre de Vendée, Chicotteau devient commissaire aux vivres de la ville de St-Florent-le-Vieil, avec Louis François Marie Lecoq-Potherie (voir la rubrique "Il était une fois...la Contre-Révolution (6).

(2) Après la Révolution, le républicain Duval devient juge de paix du canton de St-Florent-le-Vieil.

(3) D'après Crétineau-Joly, "Histoire de la Vendée militaire, nouvelle éd. illustrée par Drochon, tome 5 p.94", il est lieutenant.
Il est lieutenant d'Autichamp (le prénom n'est pas précisé) dans le livre composé sous la direction de M.Alexis des Nouhes, "Généraux et chefs de la Vendée militaire et de la Chouannerie suivis de la liste alphabétique des chefs de division, officiers 1793,1799,1815,1832 "Paris Rétaux-Bray, lib.éditeurs 1887.

(4) Le certificat de sa demande de pension est signé par Martin-Baudinière, Luillier et deux croqués vendéens : René Guillaume Michel, lieutenant et Tristan Martin.

(5) Pierre Clemenceau et Jeanne Veillet ont deux fils Pierre (°1803 St-Florent-le-Vieil +1855 Chaudron) et Alexis (°1805 St-Florent-le-Vieil +1868 Chaudron), tous les deux maréchaux forgerons au bourg de Chaudron.
Seul Alexis a un fils qui perpétue le nom jusqu'au 20ème siècle. Il s'agit d'Alexis Louis Clemenceau (°1844 Chaudron + vers 1925 à Angers). En 1874, Il était marchand de vin, rue Baudrière à Angers.
Sa cousine Claire Clemenceau épouse Alfred Maugeais dont le petit-fils Alfred, originaire de Chaudron sera curé de St-Laurent-des-Autels.
Ayant écrit deux livres qui nous intéressent à l'époque sur les paroisses de Chaudron-en-Mauges et St-Laurent-des-Autels, nous rencontrons alors Alfred Maugeais dans sa cure dans les années 1980, sans savoir que sa grand-mère Claire Clemenceau descendait des meuniers du Grand Moulin.

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