Léonard-François Oger soignant Charles de Bonchamps. Détail du tableau de Thomas Degeorge (1837) Ecomusée de la Vendée au Puy du Fou.
Le texte ci-dessous est extrait du livre de Raoul Mercier "Le monde médical dans la guerre de Vendée" Arrault-Tours, 1939 (p. 47) :
"Le chirurgien Oger, de Saint-Florent-le-Vieil, né à Chaudron-en-Mauges le 25 septembre 1757, s'est fait recevoir maître en chirurgie à Angers en 1789.
Il n'est point le premier venu à la chirurgie dans sa famille car on est chez lui, de père en fils, "restaurateur de membres disloqués (1)".
Si son père, René Oger (1720-1801), n'a joué qu'un rôle fort modeste dans la guerre de Vendée, celui de volé et battu par les chauffeurs de 1798, il ne le doit qu'à son âge avancé.
Oger, le fils, dénoncé comme un des instigateurs de l'échauffourée de St-Florent-le-vieil, se montre aussi ardent dans la mêlée que secourable aux blessés : il mérite son double titre de chirurgien et major du poste de Saint-Florent.
C'est un des plus violents adversaires de l'officier de santé républicain Renou qu'il a forcé à prendre la fuite.
Lors de l'attaque de Nantes, le 29 juin, il a l'occasion de soigner Cathelineau dont l'agonie se prolonge jusqu'au 14 juillet.
Une fois son père décédé, Oger, plus fier de son titre de "restaurateur" que de celui de maître en chirurgie, fait paraître l'annonce suivante :
Le citoyen Oger, chirurgien à Saint-Florent-le-Vieil, donne avis de la mort de son père, Oger, de la Moncelière, à Chaudron, connu par ses talents pour la restauration des os fracturés, luxés, déplacés, et offre ses services dans cette branche de l'art de guérir, dont la connaissance est héréditaire dans sa famille et que ses ancêtres ont pratiquée depuis un temps immémorial.
Sous la royauté, François Oger reçoit la Légion d'honneur avec pension : il meurt en 1822."
(1) Chanoine Uzureau, Andegaviana, 20e série, p. 193.
(fin du texte de Raoul Mercier).
En 1820 au Marillais, à la fin de sa vie, Clément-Claude Clemenceau, le second fils de François-Jacques dit "l'homme", est aussi un des patients du chirurgien Oger.
Page de couverture du livre "Histoire de la guerre de Vendée (1793-1815)" écrit par Joseph Clemanceau, ancien juge au tribunal de Beaupréau, publié en 1909 par l'abbé Uzureau, directeur de l'Anjou historique.
Joseph Clemanceau (1) est le fils de Joseph Clemanceau de la Lande, sieur de Grand Maison, négociant et de Jeanne Scholastique Sartre (2).
Les ancêtres de Joseph sont issus, au plus loin que l'on puisse remonter dans les registres paroissiaux, du village de la Chapelle-St-Florent.
Joseph naît à St-Florent-le-Vieil en 1763 et fait ses études au collège de Beaupréau (3).
Après un séjour à Versailles et à Paris, où il assiste aux délibérations de l'Assemblée nationale puis constituante, il est de retour en Anjou à la fin de l'année 1789 et devient un républicain convaincu.
En 1792, il est nommé par les administrateurs du Directoire du district de St-Florent "commissaire à la confection des matrices de rôles d'imposition foncière et mobilière".
A l'occasion de la nomination des députés à la Convention nationale, il est choisi comme électeur avec quatorze autres membres du canton et il prend part aux travaux de l'assemblée électorale du département de Maine-et-Loire qui siège à Saumur en ce début septembre.
De retour à St-Florent, Joseph Clemanceau est nommé quelque temps après juge du tribunal du district par l'assemblée électorale du district de St-Florent-le-Vieil. Le siège du tribunal étant à Beaupréau, il demeure donc en cette ville.
Le 13 mars 1793, il est fait prisonnier par les Vendéens qui l'internent au château de Beaupréau. Il doit les suivre dans leurs pérégrinations, étant enfin libéré le 10 octobre de la même année.
Il a ainsi le privilège (!) d'être aux premières loges pendant 7 mois et en écrivant sur sa captivité en 1825, il est à même de tracer les portraits des principaux chefs royalistes qu'il a approchés de près.
En 1795, il épouse à Angers Marie Vrillard (°1776 Les Herbiers (85) +1835).
En 1796, il est à Saumur où il fait du commerce (4).
De 1803 à 1815, il est percepteur à St-Florent-le-Vieil.
Le couple a eu 4 enfants :
- Théodore (° et + 1796 d'après Jacques Saillot).
- Théophile (°1798 St-Florent +?)
( Acte n° 27 du 3 pluviose An VI (22.01.1798). Les témoins sont Joseph Cesbron de Montglonne et Anne Clemenceau de Botz).
- Athanase (°1802 St-Florent + 1886 Chinon).
Les témoins sont René-Esprit Richard du Vernay et Marie-Louise-Eulalie Richard, veuve de Cesbron de la Guérinière (voir 24 brumaire an XI).
Plus tard, Athanase exerce la profession d'avoué à Chinon.
"Il adopte une fille Alice... qui de ce fait est autorisée à reprendre le nom des Clemenceau de Grand Maison" (5).
- Adalie (°1804 St-Florent-le-Vieil +?).
Sur l'acte de naissance du 8 floréal An XII, la ville, d'où est originaire la mère, est notée (Les Herbiers en Vendée).
Les témoins de l'enfant sont Jean-Baptiste Clemanceau, propriétaire à Montjean, fabricant de chaux, 69 ans, grand-oncle paternel et Antoine-André Guérif, propriétaire à St-Florent, 42 ans, cousin.
Adalie épouse en 1829 Dominique Beatrix droguiste à Bourgueil (d'après J.Saillot).
Quant à Joseph Clemanceau, après la mort de sa femme en 1835, il rejoint son fils Athanase à Chinon où il décède en 1840 à l'âge de 77 ans.
Il n'a pas l'occasion de publier ses écrits de son vivant.
C'est l'abbé Uzureau qui fait connaître son oeuvre à partir de 1907 dans l'Anjou historique et ensuite par le livre présenté ci-dessus.
Pour l'abbé Uzureau, "Joseph Clemanceau est un bleu, mais qui montre une certaine modération et, je crois beaucoup de bonne foi...son oeuvre...apporte une très précieuse contribution à l'histoire vraie des guerres vendéennes (préface VIII)".
Joseph Clemanceau a un homonyme et cousin (dont il nous reste à faire la biographie).
Cet autre Joseph Clemanceau a été juge au tribunal de Cholet (6) et semblait moins conciliant !
(1) Voir ses ancêtres dans la rubrique "Les Clemenceau de la Lande".
(2) Présente au mariage de François Jacques Clemenceau "l'homme" en 1774. Voir la rubrique "Les cousins Clemenceau du Grand Moulin", à l'article "Clemenceau l'homme du Grand Moulin".
(3) Voir la notice sur Joseph Clemanceau par l'abbé Uzureau dans ce même livre que nous résumons.
(4) Voir "Le dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire" de Célestin Port (nouvelle édition, 1965).
(5) Généalogie de Jacques Saillot, Angers.
(6) En janvier 1794, le Comité révolutionnaire de Cholet est présidé par Joseph Clemanceau qui interroge Victoire Bauduceau (ou Baudusseau) 48 ans, femme de Gilles Réveillière, négociant à Cholet.
A la mi-janvier, elle est du 12ème convoi qui l'amène à Angers, où elle est incarcérée dans l'ancien couvent du Calvaire, devenu une prison.
Le 1er février 1794, elle est fusillée à Avrillé au "Champ des Martyrs" (7ème fusillade) avec 400 autres personnes dont un grand nombre sont des femmes (Voir rubrique "Sources et bibliographie" : Houdebine).
Joseph Clemanceau note en marge de son interrogatoire : "Elle a fanatisé la moitié de Cholet...La république a besoin de se purger".
Depuis Victoire Bauduceau a été béatifiée par Jean-Paul II en 1984 (Voir "Sources et bibliographie : Sarazin").