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A la découverte...St-Florent (III)

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A la découverte...St-Florent (III)

A la découverte du vieux St-Florent (18).

Publié le 04/09/2007 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
A la découverte du vieux St-Florent (18).
Portrait de Michel Oger, voiturier par terre, 51 ans en 1825 (°1774 Le Marillais).

MICHEL OGER

Tout à côté de chez Joseph Oger, se trouvait la maison (lettre R) de Michel, son frère, lequel a été croqué par David d'Angers. Il était voiturier-cabaretier et aussi marchand de poissons.

Dès 1817, proposé pour une pension, il fut rayé de la liste des futurs pensionnés et remplacé par son frère Joseph qui eut droit, comme nous l'avons vu, au sabre d'honneur et à la pension.

Cette radiation de la liste émanait du maire de l'époque, Claude Louis Gazeau, qui souffrait que quelques Vendéens de fraîche date puissent recevoir une pension de l'Etat, tandis que d'autres plus méritants à ses yeux étaient écartés.

Le maire réclamait aussi pour lui, non pour le prix de sa pension annuelle (300 francs), mais pour le grade qu'on lui attribuait, celui de "capitaine de 3e classe" comme il l'écrit lui-même.

Un officier vendéen comme lui pouvait-il se comparer à un Simon Réveillard et à un Julien Dalaine, tous deux capitaines de 1815, qu'il proposait de rayer de la liste avec Michel Oger ?

Selon lui, son grade aurait dû être le même que celui de monsieur Basile Barré, percepteur de Maulévrier, c'est-à-dire celui de "commissaire des guerres ordonnateur" puisqu'ils avaient eu les mêmes grades et les mêmes postes.

Claude Gazeau pensait qu'une fatalité particulière le poursuivait partout.

S'il ne pouvait pas mieux choisir en proposant René Michel et Toussaint Ragneau (voir leurs portraits plus loin, à venir), pour remplacer les quatre qu'il aurait aimé voir radier de la liste des pensionnés de sa commune, le premier qu'il proposait en remplacement n'était pas à première vue un véritable Vendéen.

C'était le pêcheur Etienne-Louis Avril, qui s'était engagé dans les armées napoléoniennes, et qui glorifiait sans doute l'empereur à travers le prénom de son fils Etienne-Napoléon.

Quant à Michel Oger, il avait participé aux premières heures de la guerre de Vendée, mais pour échapper à un sort cruel, il fut obligé de s'engager dans les bataillons de la République.

De retour en 1799, il fit quelques courses secrètes pour Charles d'Autichamp.

En 1800, il avait épousé au Marillais Félicité Poirier, une des filles du patriote Louis Poirier* qui s'était personnellement engagé à défendre le district le 12 mars 1793.
Le fils Poirier, Pierre, alors âgé de 13 ans, était tambour de la garde nationale de St-Florent.

En 1815, Michel Oger s'opposa à ce qu'on sonne la cloche à St-Florent au retour du roi.

Oger fut néanmoins pensionné avec 50 francs par an, et obtint même une augmentation de 25 francs.

En 1838, Michel Oger décédait à St-Florent-le-Vieil à l'âge de 64 ans.

* Voir la rubrique "St-Florent-le-Vieil : cartes postales" article "Chez Julien Gracq"




A la découverte du vieux St-Florent (19).

Publié le 06/09/2007 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
A la découverte du vieux St-Florent (19).
Portrait de Jean Poitevin, croqué par David d'Angers.
En 1825, il est âgé de 59 ans (°1766 à St-Florent-le-Vieil).

LE LION D'OR

Tout à côté des propriétés des frères Oger, s'élevait l'auberge du Lion d'Or (lettre S) de François Guilloteau, laquelle fut dévastée de la cave au grenier par les insurgés, le 12 mars 1793.

Guilloteau et François Gaultier, marchand tanneur, furent les deux premiers citoyens de St-Florent à rapporter de vive voix au Département à Angers, l'état d'insurrection générale de leur pays.

En 1827, comme le montre le cadastre, la bâtisse était toujours en ruines.

En septembre 1833, Louis Lebrun (voir ci-dessus), l'ancien huissier et vétéran vendéen, acheta cette maison appartenant à M.Meleux de Bouzillé, et la restaura. Il y décèdait en 1866.

Après la guerre, François Guilloteau, toujours cabaretier-aubergiste, demeurait en haut de la ville, dans l'une de ses maisons, (celle cadastrée A 468 du plan n° 4).

Guilloteau y reprit la même enseigne, celle du Lion d'Or. Il devint l'ami d'un bon nombre de Vendéens. Il est vrai que son frère Julien avait été un soldat de ce parti.
L'auberge fut reprise par son gendre Louis Vincent, fils de Vendéen mort pendant la guerre.

En face de chez Guilloteau, se trouvait la maison (lettre T) du flanellier Jean Pierre Poitevin, située à l'angle de la Grande Rue et de la rue du Cimetière (St-Sauveur-St-Maurille aujourd'hui).

Jean Poitevin avait acheté la maison avec son épouse Marie Jeanneau (ou Jagniau ?) en mai 1799 (Floréal an 7).

Il y possédait cinq métiers à toile et à serge, installés dans sa vaste cave.

Depuis 1819, le couple possédait aussi deux jardins (A 453 et A 454) vendus par les héritiers du maire François Martin du Fuilet.

En date du 10 mars 1824, il était écrit dans sa demande de pension que Jean Poitevin était dans l'indigence et que le mobilier du couple "qui était leur unique bien (avait) brûlé dans la Révolution".

En novembre 1793, près de Laval, Poitevin fut blessé à la jambe droite par une balle et cette blessure le gênait dans son travail, précisait encore la supplique.

Sa femme, Marie Jeanneau, était "attaquée d'une maladie nerveuse, la rendant "fort infirme".

Jean Poitevin obtint 50 francs de pension annuelle.

En 1833, au décès de son épouse, la succession mobilière s'élevait à 2000 francs, les dettes à 852 francs et les créances à 893 francs.
Le couple n'était donc pas si indigent.

En 1849, Jean Poitevin décédait à St-Florent à l'âge de 83 ans.

A la découverte du vieux St-Florent (20).

Publié le 06/09/2007 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
A la découverte du vieux St-Florent (20).
Louis Poitevin en 1825. Chasseur dans l'armée vendéenne. Né en 1756, il est âgé alors de 69 ans.


LOUIS POITEVIN

C'est le frère aîné de Jean, lequel fut lui aussi croqué par David d'Angers. Issu d'une des familles Poitevin de St-Florent, il avait un homonyme en la personne de Louis Poitevin dit Chant-en-Hiver, lequel prit aussi les armes en 93.

Il s'était marié en 1787 en cette ville, avec Julienne Barbin, sa seconde épouse et travaillait comme journalier.

En novembre 1793, sa femme était sur une liste de femmes suspectes de la ville de St-Florent.

En mars 1794, Julienne fut arrêtée et mise en prison au Calvaire d'Angers, avec quatorze femmes et filles de St-Florent, dont la tante de son époux, Marguerite Poitevin, femme de Jacques Godin.

La plupart de ces femmes semble avoir échappé à la mort*.

Ce ne fut pas le cas de celles qui furent arrêtées par ordre du général Moulin quatre mois plus tôt.

De retour au pays, Louis Poitevin exerçait la profession de "joctier" (voiturier par terre, 1797).

En 1824, il est écrit dans sa demande de pension qu'il fut blessé au bras droit à Granville en novembre 1793.

L'année suivante, il obtint 50 francs comme son frère.

En 1833, sentant sa fin prochaine, Louis Poitevin fit venir le notaire à son domicile.

Dix jours avant sa mort, trois de ses enfants abandonnaient à leur frère Pierre Louis, journalier-voiturier leur part dans la succession mobilière de leur mère qui s'élevait à 60 francs.

Louis Poitevin, qui habitait chez son fils Pierre, abandonnait son mobilier à celui-ci, avec l'accord des trois autres enfants.

Ce mobilier, composé d'une paillasse, d'une mauvaise couette, d'une couverture, d'un oreiller, un vieux basset, une huche, trois draps, un lot de vieilles poteries et ustensiles de ménage, était estimé à 40 francs.

Le 30 juillet, la maison était en deuil.

Trois mois plus tard, un certificat d'indigence mettait fin à sa succession devant le bureau de l'enregistrement.

Malgré de faibles moyens, il n'avait aucune dette.

* Le 11 avril 1794, détenue à la prison du Grand Séminaire à Angers, Marie Poitevin, fileuse, âgée de 45 ans, de St-Florent-le-Vieil, est interrogée par les membres** de la Commission militaire.
Elle est considérée comme "fanatique, hypocrite prononcée : ne voulant rien dire".
Le 16 avril, Marie Poitevin est parmi les victimes de la 9e et dernière fusillade à Avrillé (198 victimes connues dont 58 hommes et 41 femmes). Etait-elle de la famille des frères Poitevin ? A voir.

** Certains membres de la Commission militaire étaient à peu près toujours en état d'ivresse. Les juges étaient assis au milieu de bouteilles et de verres, pêle-mêle avec les écritoires et les papiers.
Le vin et l'eau-de-vie "coulaient si abondamment que la dépense qui en fut faite étonna la Commission militaire elle-même, lorsqu'on lui en présenta le mémoire"(voir "Le Champ des Martyrs d'Avrillé" de T.-L Houdebine, p.49).





A la découverte du vieux St-Florent (21).

Publié le 07/09/2007 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
A la découverte du vieux St-Florent (21).
Tousssaint-Simon Ragneau, né à Villedieu la Blouère en 1774, 51 ans en 1825. Capitaine, de l'armée de Charette.

TOUSSAINT-SIMON RAGNEAU

La boutique de Toussaint-Simon Ragneau, taillandier, touchait la propriété de Jean Pierre Poitevin (A 219, en masure sur le plan cadastral, mais pas sur la matrice).

Ragneau possédait en face de sa boutique une maison (lettre U) et aussi le jardin au sud de cette propriété (A 472).

En 1803, il avait épousé Marguerite Piffard à St-Florent.

Marguerite possédait avec sa soeur Sébastienne une maison en masure avec jardin à la Bougotrie (A 274 et A 273, plan n°3).
En 1832, leurs biens, propriété de leurs parents*, furent vendus au tonnelier Charles Martin.

François Piffard, leur père, batelier, prit les armes contre la République et décédait à St-Florent le 3 décembre 1793 (13 frimaire an II).
Il eut un fils posthume avec Marie Pétard, sa servante. L'enfant reçut les prénoms de "Brutus, La Montagne, Gemmape (sic)" !

Quant au gendre, Toussaint Simon Ragneau, il remplaça Simon Réveillard (voir plus loin) sur la liste civile des futurs pensionnés.

Dès 1818, il touchait 50 francs de pension annuelle.

Capitaine de la Chapelle-Aubry, il fit "partie de la petite armée vendéenne qui protégea la retraite du général d'Elbée (°1752 Dresde en Allemagne +1794 Noirmoutier) d'après sa demande pour une augmentation de sa pension en 1825.
En 1827, sa nouvelle demande était encore refusée.

En 1850, Toussaint-Simon Ragneau décédait à St-Florent à l'âge de 74 ans.
Lors du règlement de sa succession, la maison et le jardin étaient d'un revenu de 50 francs, ce qui représentait un capital de 1000 francs.

* Leur père y habitait d'après le rôle de corvée de la communauté de St-Florent et de la Boutouchère (1787). Sa femme Marie Delaunay était décédée en 1792.

A la découverte du vieux St-Florent (22).

Publié le 08/09/2007 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
A la découverte du vieux St-Florent (22).
René Guillaume Michel, dit la Marche (°1769 à St-Florent). Il est âgé de 56 ans en 1825.

RENE GUILLAUME MICHEL

Au début du XIXe siècle, René Guillaume Michel habitait à l'angle de la rue du Cimetière et du chemin des Trinqueries.

Fils de paysans, il apprit sans doute son métier de maréchal-taillandier chez son oncle et parrain Guillaume Subilleau, maréchal à St-Florent.

Ami des familles Maillard et Poirier de St-Florent, René Guillaume ne les suivra pas en 1793 dans leur fidélité à la République.

C'était sans doute à la sollicitation de Louis Poirier qu'il avait été proposé pour devenir membre de la nouvelle municipalité, malgré ses 23 ans en 1792.

On avait donc triché sur son âge, peut-être faute de candidats pour qu'il devienne membre.

Dès l'annonce de la milice pour la levée des 300.000 hommes, René Guillaume Michel, le fils Chesné, Pétard, tous les deux flanelliers et Laurent Fleury, maréchal, allaient secrètement visiter les maisons amies afin de former le grand rassemblement.

L'enquête du juge de paix Duval le désignait sous son surnom héréditaire : La Marche.

Le 12 mars 1793, en matinée, La Marche avait été reconnu parmi les insurgés, armé d'un fusil et encore accompagné de ses camarades noctambules.

En soirée, une quarantaine d'insurgés se dirigeait vers le château de la Baronnière au dire de Louis Poirier le patriote.

René Guillaume faisait sûrement partie de ce groupe d'hommes, comme en témoigne la note manuscrite de David d'Angers portée sur le croquis de 1825.

Sous-lieutenant, dans les premiers moments de la guerre, il devint lieutenant de la 1ère compagnie de S-Florent-le-Vieil.

En cette année 1793, son père (originaire de la Chapelle-St-Florent), deux de ses soeurs et un frère meurent de mort violente.

Leur métairie, l'Aumonerie à St-Florent fut incendiée et pillée par les Bleus*.

En 1803 à St-Florent, il épousait Perrine Dalaine (°1778 +1860).

Le 4 juin 1817, il témoignait par sa signature du geste de grâce de Bonchamps concernant la libération des prisonniers républicains, le 18 octobre 1793.

C'est à cette époque qu'il toucha 15 francs sur les 1300 francs alloués à sa commune pour secourir les nécessiteux victimes de la guerre civile. L'état le désigne comme un ancien vendéen.

Encore la même année, il ne figurait pas sur la liste définitive des anciens soldats vendéens proposés pour une pension.
Le maire Claude Louis Gazeau (comme écrit ci-avant) répara, à sa manière, cette injustice.

En 1818, René Guillaume obtint sa pension de 50 francs par an.

En 1824, il était témoin au mariage du fils de Martin Béranger, lui aussi ancien vendéen et chouan (voir la rubrique "les cousins Béranger").

En 1825, Il demanda une augmentation de sa pension qui fut réévaluée à 75 francs.

Cinq ans plus tard, René Guillaume Michel décédait à St-Florent à l'âge de 71 ans.

* Revue du Souvenir vendéen, n° 235-juin 2006.
A l'occasion du cent cinquantaire de la mort de David d'Angers, l'association consacre ses numéros de l'année 2006 aux vétérans vendéens croqués par David d'Angers.






A la découverte du vieux St-Florent (23).

Publié le 09/09/2007 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
A la découverte du vieux St-Florent (23).
En 1793, Guillaume Fleury est 1er cavalier de l'armée de Bonchamps. Il est âgé de 68 ans en 1825.

GUILLAUME FLEURY

Il naît à Saint-Florent-le-Vieil en 1757.

Guillaume Fleury, laboureur à bras, et sa femme Marie Epoudry habitent au Clos Pinier dans la maison familiale (lettre W du plan n° 4). Le père de Guillaume vit peut-être avec eux.

Dans l'après-midi du 12 mars 1793, Guillaume Fleury et son frère Laurent sont aperçus à la sortie du District de St-Florent.
Laurent, profitant de l'aubaine du sac du District, prend de force à un enfant des milliers d'assignats en disant que sa fortune est faite.

Quant à leur soeur, Jeanne Brice, qui les accompagne, elle est aperçue à voler du linge d'église, des livres, des bouteilles de vin et du savon (voir la rubrique "Guerre de Vendée..." article "Il était une fois... la contre-Révolution").

Un mois plus tard, Guillaume Fleury abandonne ses assignats dans les buissons. Ils sont retrouvés par une patrouille républicaine et vont remplir la caisse de la municipalité.

Chargés dans une charrette avec les effets de la femme Lestourneau, ces assignats passent de nouveau aux mains des Vendéens sur la route d'Ancenis, lors de la défaite des Républicains devant Beaupréau.

De retour de la guerre de Vendée et d'outre-Loire, Guillaume Fleury va habiter au bourg de St-Jean du Marillais, où il tient un cabaret.

D'après sa demande de pension, on sait qu'il est blessé assez sérieusement, "estropié des deux bras et des deux jambes" avec un certificat médical précis de son médecin, le docteur Hautreux.

En 1825, il se fait, lui aussi, croqué par David d'Angers.

En 1829, Guillaume Fleury* décéde à St-Florent l'âge de 72 ans.

Quant à Laurent, il a disparu fin 1793 outre-Loire d'après la tradition familiale des Fleury d'Angers.

Michel Fleury, leur frère, est prêtre et devient curé de Gesté de 1800 à 1835 quand il démissionne.

Il finit sa vie dans sa maison de la place du Puits du Billot, qui est peut-être un des maisons familiales que son père posséde (A 414, le jardin A 416 du plan n° 5 ci-dessous).

En 1836, Michel Fleury acheta cette maison au sieur Gabriel Lecocq du Perray.

Il légua à la paroisse de Gesté un calice et un morceau "de la vraie Croix", ses ornements d'église, ses soutanes et tous ses livres religieux.

Il donne 300 francs en argent aux pauvres de la paroisse de Gesté, de même qu'à sa domestique Renée Barillier.

Par un autre testament, il distribue la même somme aux pauvres de St-Florent et à une partie de ceux du Marillais.

* Voir aussi la rubrique "Portraits de Vendéens d'Anjou".

A la découverte du vieux St-Florent (24).

Publié le 09/09/2007 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
A la découverte du vieux St-Florent (24).
Plan n° 5 du cadastre de 1827. Cliquez pour l'agrandissement.

A la découverte du vieux St-Florent (25).

Publié le 09/09/2007 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
A la découverte du vieux St-Florent (25).
Louis Rabjeau (°1759 St-Florent) avait 66 ans en 1825.

En mars 1812, Simon Réveillard (voir plus loin), ancien soldat vendéen, avait acheté la maison de Louis Rabjeau et de ses héritiers (A 432 du plan n° 5).

Louis Rabjeau était un vendéen de la première heure. Sa femme Marie Jubin, qu'il avait épousé en 1780 à St-Florent, avait été emprisonnée au Calvaire d'Angers en mars 1794.

Elle était la nièce de la veuve Forestier, Rose Jubin*, qui commandait et montait la garde à St-Florent quand l'armée royaliste vaquait à ses affaires.

Louis Rabjeau était maçon et tailleur de pierre. Pendant l'insurrection, il avait été vu par François Bonin en train de rompre la hampe du drapeau tricolore. Le fusil sur l'épaule, il montait la garde lors du pillage de la maison de maître des Coteaux appartenant au procureur syndic Joseph Renou.

Il était devenu sergent dans les chasseurs de la division de Beaupréau, nous indique sa demande d'augmentation de pension.

En 1825, il se présenta en compagnie de ses quatre fils (Louis, Jean, François et Florent), comme le précisait David d'Angers sous le portrait qu'il fit de lui.

Le 18 juin 1825, en l'église abbatiale, Louis Rabjeau scella le sarcophage qui recueillit les restes de son général, monsieur de Bonchamps.

Le comte de Bouillé ** venait de déposer à l'instant dans le tombeau un exemplaire de l'ouvrage de Pierre-Marie Chauveau *** "Vie de Charles Melchior Artus, marquis de Bonchamps, général vendéen".

Quelques jours après, David d'Angers immortalisa les traits du maçon-tailleur de pierre.

En 1891, c'est sans doute l'ouvrage de Chauveau, enveloppé dans un velours noir de deuil, qui fut pris pour les "pantoufles du général" par un enfant de 6 ans, descendant de maçons-tailleurs de pierre patriotes, lors de l'ouverture du tombeau.

Bonchamps, un général en pantoufles ? N'en déplaise au conteur-historien, ni pantoufles, ni même les bottes du général, ne furent déposées dans le tombeau, Louis Rabjeau aurait pu en témoigner !

Mais Louis Rabjeau s'était éteint déjà bien avant, en 1840 à St-Florent, à l'âge de 81 ans.

* Rose Jubin, veuve Forestier, âgée de 52 ans, fut une victime des fusillades du Champ des Martyrs d'Avrillé, le 18 janvier 1794 (voir aussi ci-dessus à l'article n° 9).

** Le comte de Bouillé avait épousé Zoé de Bonchamps (°1789 La Chapelle-St-Florent +1877 Nantes). L'unique fille du général fut aussi croquée par David d'Angers en 1825.

*** Pierre Marie Chauveau était le neveu de Simon Courgeon de la Pannière (dessiné par David d'Angers) qui fut curé de la Chapelle-St-Florent de 1784 à 1832 (voir l'article de Dominique Lambert de la Douasnerie, Revue Savoir, n° 80-81, mars/juin 2007 p.17-40). Le curé Courgeon assistait Charles de Bonchamps lors de son trépas le 18 octobre 1793 à la Meilleraie en face de St-Florent-le-vieil.






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