Cousins Clemenceau du Grand Moulin (2)
Publié le 18/12/2007 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
Photo prise en août 2007 près de l'Ouvrinière à St-Florent-le-Vieil.
Sur la plaque apposée par le Souvenir Vendéen en 1995, il est écrit : "Dans ce champ furent signés par Stofflet et les délégués de la Convention le 2 mai 1795 les Accords de la Paix de St-Florent-le-Vieil".
* Article dans la rubrique "Les cousins Clemenceau du Grand Moulin".
Publié le 19/12/2007 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
Photo du moulin de la Grippe à Varades (44), avant les années 1950. Collection d'un varadais, Mr Oger.
En 1797, deux années après le décès de sa femme Louise Berthelot, Jean Clemenceau est installé comme aubergiste à St-Florent-le-Vieil.
Combien de récits, de faits d'armes sont racontés dans les auberges et cabarets tenus par d'anciens soldats de la Grande Guerre et qui sont perdus à jamais !
Chez Fleury, chez Clemenceau...on refait peut-être les batailles, les combats ?
Le 18 août 1798 (le 1er fructidor an 6) Jean Clemenceau se remarie à St-Florent-le-Vieil avec Françoise Chereau, fille de d'André Chereau et de Françoise Gazeau.
Françoise Chereau est veuve du meunier Guillaume Noury (1), lequel tenait le moulin de la Grippe (2) à Varades.
Sont témoins à leur mariage, deux vétérans vendéens de St-Florent, Jacques Marsault, lequel avait été nommé lieutenant le dimanche 17 mars 1793 en l'église de Saint-Pierre par Charles Cesbron d'Argonne, ainsi que François Cognée (3), flanelier, qui fut croqué par David d'Angers.
4 ans plus tard, le 8 novembre 1802, Jean Clemenceau décède au moulin de la Grippe à l'âge de 49 ans. Le couple n'a pas de descendance.
Comme nous l'avons vu, son fils Jean, à l'âge de 16 ans, suit son père pendant la guerre de Vendée.
Le 28 juin 1793, au combat de Nort (4), Jean est blessé à l'oeil, suite à l'explosion d'un caisson de poudre. Il est alors "privé de la partie de l'oeil gauche qui lui cause (par la suite) de violents maux de tête..." (5).
Malgré cette blessure, il se trouve dans la majeure partie des affaires, sous le général Bonchamps, et sous ceux qui lui succèdent.
Jean fait ensuite la "Virée de Galerne" comme soldat.
En 1806, il épouse à Botz Renée Pineau avec laquelle il a 3 enfants. Il travaille au moulin neuf chez les cousins Bretault avant d'exercer son métier de marchand de fil au bourg de Botz en 1807.
En 1815, il est nommé capitaine d'une compagnie de Botz.
En 1825, il jouit d'une pension de 50 francs, comme l'indique le maire de Botz, Joseph Bretault, son cousin germain.
En 1834, il décède à Botz à l'âge de 56 ans.
Quant à Eusèbe, le plus jeune fils de Jean Clemenceau et de Louise Berthelot, il naît en 1789 à Botz.
Il exerce le métier de sabotier.
En 1809, Eusèbe épouse à Botz Marie Pineau, la soeur de Renée, femme de Jean, son frère.
Le couple a 4 enfants.
Il participe, semble-t-il, aux événements de 1815, car il est cité sur une liste datée du 7 mars 1817 (vu dans une exposition aux A.D-49, mais sans référence).
Sur cette liste, des sommes étaient allouées "aux pauvres de la commune de Botz".
Cela concernait des veuves d'anciens soldats et de Vendéens dans la misère.
En 1842, Eusèbe Clemenceau décède à Botz à l'âge de 53 ans, où il est "trouvé noyé à l'étang de la Maison neuve".
(1) Guillaume Noury (ou Nourri), 31 ans, a été fusillé à Avrillé le 15 janvier 1794 (voir 2e fusillade "Champ des Martyrs"), pour avoir voulu faire passer clandestinement des "brigands" revenant de la "Virée de galerne".
Le 2 janvier 1794, le meunier se fait piéger par le commandant du bateau armé, le "Jean Bart" qui contrôle le secteur sur la Loire.
A cette occasion, un garçon de 14 ans sert d'amorce. Le commandant prend sur le fait Guillaume Noury qui réclame 150 livres par personne pour le passage.
Parmi les clients, un "ci-devant" de La Doupe du Fougerais (voir l'article "Loire et Révolution entre Ancenis et Ingrandes", p.109 de l'ARRA-Ancenis).
En fait, il s'agit de Daniel-François de la Douespe du Fougerais qui est un riche négociant bordelais ayant fait fortune aux Caraïbes.
Dans un premier temps, celui-ci est ouvert aux idées nouvelles, mais en mars 1793, il prête son château de l'Oie aux Royalistes et il les suit pendant la "Virée de Galerne".
Après sa capture, il est exécuté à Angers le 6 juin 1794, donc bien après le meunier Guillaume Noury (voir sur "Google" le livre pp.42-43 de Bernadette Bucher "Descendants de chouans : histoire et culture populaire..." Ed.MSH 1995).
Cependant, Jean Bénaben, "commissaire civil du Maine-et-Loire auprès des armées républicaines", cite "François Daniel de la Douepe, ci-devant noble" pour la journée du 5 janvier 1794 qui est condamné à être guillotiné avec 10 autres personnes (dont le fameux évêque d'Agra !) par la Commission militaire d'Angers (voir p.153 "La Terreur en Anjou-Correspondance et Journal de Bénaben" 1886 d'Arsène Launay, réedition Pays et terroirs, Cholet, 2006).
A notre avis, la Commission militaire, qui est très expéditive, l'a plutôt fait guillotiné le lendemain 6 janvier 1794 (à vérifier néanmoins avec aussi l'exécution de l'évêque d'Agra, Jean-Louis Guillot de Folleville qui daterait du 5 janvier (wikipédia) !
(2) Dans les années 80, nous avions recueilli une tradition auprès d'André Oger (descendant des meuniers Davodeau à qui nous devons la photo) qui demeurait au moulin à l'époque.
Il racontait que les Vendéens faisaient des signaux depuis Varades grâce aux ailes du moulin de la Grippe en direction des moulins de la Boutouchère, distants de 6-7 kilomètres.
(3) Voir le portrait de François Cognée à la rubrique "A la découverte du vieux St-Florent (9)"
(4) Maintenant Nort-sur-Erdre.
En prévision de la prise de Nantes, une partie de l'armée vendéenne passe par la rive droite de la Loire, conduite par Cathelineau.
Mais les Vendéens sont retardés à Nort au Pont St-Georges par la troupe républicaine commandée par Meuris. Ce retard a des conséquences néfastes pour l'armée vendéenne.
Le lendemain, c'est le siège de Nantes où Cathelineau est grièvement blessé.
Voir dans les sites préférés : "Les batailles de la Vendée contre la République (Nantes, Cholet, Savenay)".
(5) C'est grâce à sa demande de pension (AD-49) que nous avons ce détail, certificat médical à l'appui des chirurgiens Tarault de St-Quentin !
Le 22 mai 1825, ses états de service sont signés par les capitaines Louis Grassset et Bretault, les colonels Martin Baudinière et L'huillier, tous les deux chevaliers de St-Louis ainsi que par Tristan Martin, ancien adjudant général, maintenant colonel et chevalier de St-Louis (croqué par David d'Angers la même année).
Publié le 19/12/2007 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
Photo à venir.
Le texte est extrait du livret familial (1999) écrit par Luc Clemenceau :
En octobre 1766, Pierre Clemenceau (°26.12.1734 Botz) est meunier au Petit Moulin de Sienne chez son frère Jacques.
En 1753, il est parrain de son frère consanguin Jean (voir ci-dessus), puis de son neveu Pierre Clemenceau, fils de Jacques en 1766.
Le 27 novembre 1770, il épouse en l'église de St-Gilles de Botz Renée Boisseau, fille de Jean Boisseau, maçon et de défunte Renée Macé.
Le frère de Renée Boisseau, Michel, maçon comme son père, avait contribué à la construction de la maison presbytérale de la Boutouchère, dont la première pierre fut posée par madame la comtesse d'Autichamp, le 17 août 1782.
Leur neveu, René Boisseau, fils de Pierre Boisseau et de Marie Ménard épouse à St-Florent Renée Clemenceau, la fille de François Jacques Clemenceau (l'homme) et de Renée Musset (le 9 fructidor an XIII).
Des membres de la famille de Renée Boisseau*, épouse de Pierre Clemenceau, sont aussi impliqués dans la guerre de Vendée, ainsi Rémy Raimbault le cousin germain de Rénée.
Avant la Révolution, il est cuisinier des moines de l'abbaye de St-Florent.
Après son mariage avec Marie Jubin, il est dit traiteur lors du baptême de son fils René Dominique.
Pendant l'insurrection vendéenne, il a le grade de capitaine (demande de pension au nom de sa femme).
Pris par les "Bleus", lors de son retour de la "Virée de Galerne", Rémy Raimbault est condamné à mort et fusillé aux Ponts-de-Cé.
Son fils René Dominique est rebaptisé par le prêtre "intrus" Vallée.
Il est curé du Pin-en-Mauges et devient le promoteur du petit musée des guerres de Vendée.
Mais revenons à Pierre Clemenceau.
En octobre 1773, Pierre loue à rente une chambre de maison avec jardin située au Grand Breil et provenant de succession directe, moyennant 12 livres de rente foncière à René Antier dudit lieu.
Le 17 octobre 1775, en l'église de la Boutouchère, Pierre Clemenceau est dit maître d'école** au mariage de son beau-frère Etienne Boisseau, lors de son mariage avec Martine Magdeleine Ménard.
En septembre 1776, devant maître Gautreau, notaire au Mesnil, Pierre Clemenceau vend une chambre haute, une antichambre, un grenier, un petit appentis et plusieurs morceaux de terre sis en Montjean, moyennant 542 livres, à Etienne Bouteiller, pêcheur et Perrine Blon sa femme.
Dans cet acte, Pierre Clemenceau est dit "meusnier au Grand Breil*** de St-Florent".
* Un descendant de cette famille Boisseau, Armand dit l'Angevin, architecte construisit l'église actuelle de la Boutouchère. L'adjudication pour la construction de l'église eut lieu en 1887, réalisée par l'entreprise Boisseau et la bénédiction de celle-ci fut faite en 1892 (informations Odile Halbert).
** Le chanoine Urseau écrit à la page 216 dans "L'instruction primaire avant 1789 dans les paroisses du diocèse actuel d'Angers, Paris 1890 et 1893" :
"La Boutouchère...qui n'était qu'une fillette de la paroisse de St-Florent-le-Vieil possédait de 1775 à 1790 un maître d'école laïc nommé Pierre Clemenceau".
Le chanoine cite Spal et Célestin Port.
A ce sujet, C.Port écrit :
" Depuis 1775 et au moins jusqu'en 1790, on trouve au bourg (de la Boutouchère) un maître d'école laïc du nom de Pierre Clemenceau". Voir son dictionnaire...du Maine-et-Loire tome I p.464, 2e colonne.
Si l'on devine à quel document se référait C.Port pour indiquer la première mention de Pierre Clemenceau comme maître d'école, il nous est impossible de donner une référence pour l'année 1790.
*** A cette époque, le moulin du Grand Breil, alias Beauchêne n'est pas encore construit.
Célestin Port, dont le texte porte à notre avis une coquille, écrit à l'article "Le Grand Breil, ferme de St-Florent-le-Vieil " :
"Les religieux de St-Florent furent autorisés en 1785 (lire 1780 !) par le prévôt de St-Laurent-du-Mottay à y élever un moulin à vent (p.483).
Pour cette raison, Pierre Clemenceau devait encore travailler au Petit Moulin et au premier moulin à vent de Beauchêne qui jouxtait le grand chemin de St-Florent à Beaupréau.
Ce chemin passait devant le Grand Moulin de Sienne, non pas en contournant le mamelon du coteau comme il y a quelques années, mais en descendant tout droit vers celui-ci dans la petite dépression qui se trouve dans l'axe du pont.
Publié le 26/12/2007 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
Photo à venir.
Dans les années 1780, Pierre Clemenceau exploite toute la closerie ou bordage du Grand Breil qui lui appartient, et où il demeure.
Le 6 juillet 1781, il déclare devant René Florent Chicotteau, feudiste de l'abbaye de St-Florent (1), 4 articles dépendants de la closerie du Grand breil, qui relevent du fief de la prévôté de St-Laurent-du-Mottay.
En octobre 1783, il est dit huilier au Grand Breil, lors d'un contrat de constitution de 15 livres au principal de 300 livres, à rente hypothécaire, qu'il consent à Pierre Grimault, meunier à Rohou en St-Laurent-du-Mottay.
Sa fonction de maître d'école doit lui laisser quelque temps libre entre la classe et les services contractuels rémunérés au casuel qu'il effectue auprès du curé de la paroisse de la Boutouchère.
Etait-il exempt en partie de taille, comme certains de ses collègues ?
En 1787, il était imposé à 1 livre de taille et à 5 sols 3 deniers de taxe de chemin,
- moitié moins qu'un jardinier comme Pierre Marquis,
- 2 fois plus qu'un simple voiturier, comme Pierre Binquet, que le maçon Charles Gautreau, que le perruquier Boisneau, que le sabotier Pineau ou qu'un tisserand, comme Pierre Gerfaut,
- et 3 à 5 fois moins qu'un cordonnier comme Philippe Oger ou Charles Bretaudeau.
Le maître d'école de St-Florent, Clément Leguay, paye quant à lui 1 livre 10 sols.
Le 12 avril 1788, devant maître Julien René Duval (2), notaire en St-Florent, Pierre Clemenceau, en tant que tuteur de ses neveu et nièce Pierre et Mathurine, enfants de feus Jacques Clemenceau et Mathurine Vincent, renouvelle le bail du Petit Moulin qui commence le 1er mai 1788 et finit au 30 avril 1797, moyennant 100 livres par an.
Quatre mois plus tard, le 10 juin 1788, Pierre et Mathurine Clemenceau se marient le même jour à St-Florent.
Pierrre se marie avec Marie Oger, fille d'un métayer de St-Florent demeurant à la Jolivière, et Marie, avec un des fils du meunier François Cognée du Gué-Aujard.
Pierre Clemenceau (ex-maître d'école) participe à la guerre de Vendée, il est commandant d'une garde (comme il est indiqué sur la demande de pension de son fils).
Il fait aussi la campagne d'outre-Loire (ou "Virée de Galerne") avec son fils Pierre, alors âgé de 21 ans qui deviendra commandant (3) d'une compagnie sous les ordres des généraux de Bonchamps et de la Rochejaquelein.
En 1800, Pierre Clemenceau décède au Grand Breil à la Boutouchère à l'âge de 66 ans.
En 1803, le fis Pierre Clemenceau se marie à St-Florent-le-Vieil avec Jeanne Veillet (°1781 la Boutouchère +1849 Chaudron) fille d'Alexis Veillet, maréchal, mort au combat pendant les guerres de Vendée et de Jeanne Raimbault.
La closerie du Grand Breil a été pillée et incendiée par les troupes républicaines, lors de leur absence outre-Loire.
Cet incendie a causé au fils Pierre Clemenceau, ainsi qu'à sa soeur Marie (°1773 +1846 Chaudron) une perte de 1000 francs.
C'est ce que déclare Pierre Clemenceau en 1825, lors de sa demande de pension (4). Il est alors closier au Grand Breil et dans le besoin.
En 1846, Pierre décède à Chaudron à l'âge de 74 ans (5).
(1) Pendant la guerre de Vendée, Chicotteau devient commissaire aux vivres de la ville de St-Florent-le-Vieil, avec Louis François Marie Lecoq-Potherie (voir la rubrique "Il était une fois...la Contre-Révolution (6).
(2) Après la Révolution, le républicain Duval devient juge de paix du canton de St-Florent-le-Vieil.
(3) D'après Crétineau-Joly, "Histoire de la Vendée militaire, nouvelle éd. illustrée par Drochon, tome 5 p.94", il est lieutenant.
Il est lieutenant d'Autichamp (le prénom n'est pas précisé) dans le livre composé sous la direction de M.Alexis des Nouhes, "Généraux et chefs de la Vendée militaire et de la Chouannerie suivis de la liste alphabétique des chefs de division, officiers 1793,1799,1815,1832 "Paris Rétaux-Bray, lib.éditeurs 1887.
(4) Le certificat de sa demande de pension est signé par Martin-Baudinière, Luillier et deux croqués vendéens : René Guillaume Michel, lieutenant et Tristan Martin.
(5) Pierre Clemenceau et Jeanne Veillet ont deux fils Pierre (°1803 St-Florent-le-Vieil +1855 Chaudron) et Alexis (°1805 St-Florent-le-Vieil +1868 Chaudron), tous les deux maréchaux forgerons au bourg de Chaudron.
Seul Alexis a un fils qui perpétue le nom jusqu'au 20ème siècle. Il s'agit d'Alexis Louis Clemenceau (°1844 Chaudron + vers 1925 à Angers). En 1874, Il était marchand de vin, rue Baudrière à Angers.
Sa cousine Claire Clemenceau épouse Alfred Maugeais dont le petit-fils Alfred, originaire de Chaudron sera curé de St-Laurent-des-Autels.
Ayant écrit deux livres qui nous intéressent à l'époque sur les paroisses de Chaudron-en-Mauges et St-Laurent-des-Autels, nous rencontrons alors Alfred Maugeais dans sa cure dans les années 1980, sans savoir que sa grand-mère Claire Clemenceau descendait des meuniers du Grand Moulin.
Publié le 06/01/2008 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
Photo à venir
Parmi les soeurs de François Jacques, 3 sont fortement impliquées dans l'insurrection vendéenne. Avant de rendre compte de leur parcours, nous les présentons succinctement :
Il s'agit tout d'abord de Marie Clemenceau (48 ans en 1793) marié à Joseph Humeau, meunier au moulin de la Dellière à St-Laurent-de-la-Plaine, dont le fils Joseph est fusillé après la "Virée de Galerne".
Ensuite vient sa soeur Jeanne-Renée (46 ans en 1793) qui se marie à François Bretault, meunier au Moulin Neuf en Botz.
Son mari est cousin avec Léonard-François Oger, le chirurgien (voir la rubrique "personnalités de la Vendée militaire").
Le fils, François Bretault participe aux guerres de Vendée et devient maire de la commune de Botz de 1817 à 1830.
Enfin Françoise (32 ans en 1793) qui épouse le meunier Hilaire Rousseau du moulin de Quatre Maux en Chaudron.
Pendant l'insurrection, celui-ci devient commissaire aux vivres.
Le texte, qui suit, est tiré du livret familial (1999) écrit par Luc Clemenceau :
Jeanne Marie ou Marie (suivant sa signature) est née en 1745 au Grand Moulin de Sienne.
En 1766, elle épouse en l'église de St-Laurent-de-la-Plaine le meunier Joseph Humeau du moulin de la Dellière.
Les Humeau s'étaient déjà alliés aux Clemenceau lors du mariage de Françoise Humeau en 1732 avec Jacques Clemenceau (1707-1765) du Grand moulin (voir la rubrique généalogique "Génération VII...").
Après le décès de son époux (avant 1793), Marie Clemenceau exploite le moulin de la Dellière, ainsi que la métairie du même nom qui appartient à l'émigré Boilève, ceci en collaboration avec sa parente Françoise Morin, veuve de Jean Gallard.
Le samedi 7 décembre 1793, les Républicains prennent dans les greniers et les moulins de la Dellière une quantité considérable de froment, d'orge et de seigle qui proviennent d'un marché fait avec Cesbron de St-Pierre de Chemillé et d'autres particuliers. 5 juments et 3 chevaux sont également emmenés.
Les maisons d'habitation, les moulins à eau et à vent sont pillés et brûlés (1).
Le 21 décembre 1793 (en plein retour de "Virée de Galerne" !), les veuves Humeau et Gallard doivent rendrent des comptes à Chalonnes devant le juge de paix Denis Pelletier concernant les agissements de leurs fils.
Dans leur interrogatoire, elles disent être très fâchées que leurs fils aînés soient avec les brigands , mais qu'ils désiraient rendre les armes.
En effet, en avril 1793 (2) le fils Humeau fait partie des "brigands". Il est parti à Tiffauges à cheval, armé d'un bâton où il est resté 13 jours.
Il est probable qu'il ait suivi l'armée vendéenne dans sa retraite du mois d'avril, après sa première défaite à "Cul de Boeuf" ou combat du Mesnil devant les gardes nationaux de Gauvilliers, le 11 avril 1793.
Le 23 avril, l'armée de Gauvilliers, après avoir occupé St-Florent (le soir du 11 avril), Montrevault et Beaupréau, se voit attaquer par l'armée vendéenne, forte de 10 à 12.000 hommes.
A cette époque, de retour chez lui à St-Laurent-de-la-Plaine, Joseph Humeau achète un fusil à deux coups et parcourt à cheval, sous les ordres du chirurgien Cady, les paroisses de Chaudefonds, Rochefort, St-Lambert-du-Lattay et Chalonnes, où il a monté la garde à la porte du comité royaliste.
A partir de cette date, les Vendéens occupent jusqu'au passage de la Loire le 18 octobre tout le pays limité par la Loire.
Le 22 décembre 1793, François Humeau remet son fusil double, un sabre et deux pistolets au commandant de la ville de Chalonnes (3).
Sa mère, Marie Clemenceau déclare dans son interrogatoire que son fils n'est plus "au brigandage, que depuis déjà du temps, il se cachait aux environs de chez elle pour s'éviter d'aller avec les brigands".
Le fils Humeau est-il resté dans la région, comme le dit sa mère ou a-t-il suivi l'armée vendéenne dans la "Virée de Galerne" ?
Il est difficile de savoir la vérité. Peut-être que Marie Clemenceau protège son fils en faisant une fausse déclaration pour éventuellement atténuer sa peine.
Quant à Jean Gallard, il a fait le même parcours que son cousin avec l'armée vendéenne. Il précise qu'il a participé à l'attaque de Thouars.
Le 26 décembre 1793, après avoir été interrogé par le juge de paix Denis Pelletier à Chalonnes, Joseph Humeau (19 ans) et Jean Gallard (27 ans) tous les deux garçons meuniers au moulin de la Dellière, réintègrent la prison sous escorte de la garde nationale.
Pelletier demande que les prisonniers soient conduits au plus tôt sous bonne garde au tribunal révolutionnaire d'Angers, où ils seront interrogés et jugés suivant la loi.
Le peloton d'exécution fut leur seul jugement !
Marie Clemenceau arrive à se sortir de ce mauvais pas. Elle décède à St-Laurent-de-la-Plaine en 1808 à l'âge de 63 ans (4).
(1) Voir le livre de l'abbé Guinhut sur St-Laurent-de-la-Plaine
(2) Informations provenant de son interrogatoire.
(3) Voir le livre (bien référencé) de François l'Hostis "Les Ponts-de-Cé, une ville à feu et à sang, 1793-1796" les éditions du Choletais 1995 pp.90-100. Nous citons aussi ce livre dans la rubrique "horreurs de la guerre en Vendée militaire" à l'article "le chirurgien major Péquel".
Après la "Virée de Galerne", le 18 décembre 1793, le général Moulin "l'aîné", commandant au quartier-général de St-Florent-le-Vieil promet l'amnistie à ceux qui se rendent. Ils sont plusieurs milliers à le faire.
Le 20 décembre, Moulin est désavoué par Carrier qui le reçoit plus tard à Nantes, à coup de sabre !
Les prisonniers sont "ensuite emprisonnés à Angers et mis à mort sur les bords de la Loire, ou dirigés sur Nantes où ils furent noyés ou fusillés".
Le chirurgien major Péquel en profitera pour dépouiller un certain nombre de cadavres sur les bords de la Loire aux Ponts-de-Cé. Les peaux serviront à des généraux comme Beysser et Moulin "le jeune", frère du précédent et commandant la 6e colonne infernale.
A Cholet, le 8 février 1794, Moulin se brûle la cervelle pour ne pas tomber aux mains des Vendéens.
(4) Pour d'autres informations, voir la rubrique "Les cousins Humeau de la Dellière".
Publié le 10/02/2008 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
Photo à venir
Jeanne Renée Clemenceau (°1747 au Grand Moulin à Botz) épouse le 3 janvier 1768 François Bretault (°1740 +1774), meunier au Moulin Neuf en Botz.
Il est le fils de René Bretault et de Martine Oger.
François Bretault est le cousin de Léonard François Oger (1).
La mère de François, Martine Oger est en effet la soeur de René Oger, métayer à la Monsellière à Chaudron, lequel est aussi "restaurateur en ostéologie".
Les deux fils de René Oger vont servir la cause vendéenne, Léonard-François étant maître chirurgien à St-Florent-le-Vieil et René-François, maire de Beaupréau de 1817 à 1826.
Quant à François Bretault, il a au moins deux frères :
- René qui épouse Mathurine Veillet, le couple ayant un unique fils, Hardy-Louis qui est maire de Botz en 1791.
- Joseph-René, lequel est intendant de Marie-Charlotte Leroux des Aubiers, veuve de Jérôme d'Andigné et procureur du roi aux sièges royaux d'Angers (1775).
En 1787, il habite rue Saint-Michel à Angers. Il y est arrêté en 1794.
Le couple Bretault-Clemenceau a eu 4 enfants dont :
- Jeanne-Françoise, laquelle épouse Mathurin Ouvrard, métayer au Theil, membre du conseil municipal en 1814, ancien soldat vendéen (1824).
Mathurin Ouvrard est aussi le cousin germain du diacre Jean Ouvrard(2).
- Joseph-François qui épouse le même jour à Botz Renée Ouvrard, la soeur de Mathurin.
Il participe aux guerres de Vendée. Il est maire de Botz de 1817 à 1830.
André Normand déclare l'avoir reconnu le 24 mai 1793 ("Bretault, du Moulin Neuf du Bas-Plessis, cavalier...le nommé Hardy Bretault (son cousin), maire de Botz, commander diverses patrouilles..".
En 1824, Joseph-François est dit ancien soldat vendéen.
- Marie-Rosalie, laquelle épouse à St-Laurent-du-Mottay Mathurin-Louis Chaumoître, lieutenant d'une compagnie de la commune.
- René-François-Joseph qui épouse aussi à St-Laurent-du-Mottay Louise Grimault, fille du meunier Louis Grimault de Rohou et de Louise Gazeau.
En 1797, le meunier Grimault (avec sa belle-soeur) déclare des biens incendiés dont deux moulins nommés la Voie.
La veuve Bretault, Jeanne-Renée Clemenceau s'éteint à Botz en 1822, à l'âge de 75 ans.
(1) Voir la rubrique "Personnalités de la Vendée militaire".
(2) Voir la rubrique "Les cousins Clemenceau de la Rielle" et l'article "le clerc tonsuré Jean Ouvrard"
Publié le 11/02/2008 à 12:00 par clemenceaudupetitmoulin
Françoise (°1761 au Grand Moulin à Botz) épouse en 1788 en l'église de Chaudron Hilaire François Rousseau (1), meunier au moulin de Quatremaux, fils de Hilaire Rousseau et de Marie-Madeleine Cesbron.
Le mariage est célébré par le vicaire de Botz Jean-Gabriel Raimbault.
En 1793, Hilaire Rousseau est secrétaire de la commune de Chaudron pour le comité royaliste, puis commissaire aux vivres (certificat délivré en 1821 par le colonel L'huiller, chevalier de l'ordre royal et de St-Louis).
Au dos de ce certificat, le colonel Reyneau et l'adjudant-général Tristan Martin attestent pour les années 1799 et 1815 les mêmes fonctions.
A cette époque, L'huiller et Tristan Martin le recommandent pour une pension.
En 1822, Tristan Martin avertit monsieur de Romain, qui suit les dossiers des anciens soldats, que Hilaire Rousseau, "un de nos anciens commissaires de paroisse très connu de M. de Villoutreys, lui présentera un certificat afin d'obtenir une pension.
Tristan Martin continue : "Il est bien certainement un de ceux qui le méritent davantage et qui ont rendu le plus de services... En obtenant ce qu'il demande, ça ne sera qu'une faible indemnité des sacrifices qu'il a faits".
Au début de l'année 1824, Hilaire Rousseau renouvelle sa demande de pension.
Le 14 février 1824, des anciens soldats de la commune de Chaudron certifient ses fonctions de commissaire aux vivres depuis le 12 mars 1793.
Ces soldats sont :
- François Sourice, capitaine, laboureur à la Guitonnière
- Pierre Marsault, lieutenant, cultivateur
- René Bretault, capitaine, meunier au moulin du Milieu
- Jean Martin, tisserand
- Jean Boré, "ancien soldat", en fait lieutenant, décoré du Lys pur sa bravoure
- Pierre Colas, boucher
- Louis Tertrou (2), ancien commissaire aux vivres dont la fille Marie-Anne a épousé Mathurin Béranger, fils de Martin et de Marie Oger (3).
Hilaire Rousseau est cité dans le livre de Claude Petitfrère " Les Vendéens d'Anjou"(4).
On peut y lire qu"il est décédé le 23 septembre 1832 à 66 ans.
Sa fortune s'élève à 7620 fr. soit 1810 fr. de meubles selon inventaire notarié et 5810 fr. d'immeubles représentés par 8 parcelles de terre, vigne ou pré, par les 2/3 du moulin de Quatremeau et ses dépendances, la moitié d'un moulin à vent et le 1/3 du "petit moulin".
Quant à Françoise Clemenceau, sa femme, elle s'est éteinte 5 ans auparavant en 1827 à l'âge de 66 ans comme lui.
(1) Hilaire Rousseau (°1766 à Chaudron ) a un homonyme qui est meunier au Moulin Neuf à Chaudron.
Celui-ci achète avec son frère François Rousseau la métairie de la Guitonnière, vendue comme Bien national en 1791 pour 11.500 livres.
(2) Son frère, Pierre Tertrou est capitaine de la 2e compagnie de Chaudron. Il est décoré du Lys, le 30 juillet 1814 par le comte Charles d'Autichamp.
(3) Voir la rubrique "Les cousins Béranger-Horeau"
(4) Voir p. 454 "Les Vendéens d'Anjou (1793) Analyse des structures militaires, sociales et mentales" Paris Bibliothèque Nationale 1981.