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Diem perdidi (61)

Publié le 20/10/2010 à 22:23 par clemenceaudupetitmoulin Tags : tamaroa marseille diemperdidi noury 1945
Diem perdidi (61)

Mode féminine des années 40.

Photo extraite du site "deuxiemeguerremondia.forumactif.com" ou notre lien "G.M 2, mode féminine 1945".

 

 

Le samedi 19 mai 1945, à 4 heures du matin, car nous ne voulons rien manquer (!), nous

apercevons les lueurs d'un phare de la côte française !

 

Vers 5 heures, nous voyons enfin la France !

 

 

Ce sont les îles d'Hyères, les îles du Levant et de Porquerolles.

Nous approchons de Toulon et nous commençons à nous préparer, ce qui est vite fait, car

nous pensons descendre dans ce port.

 Mais non, nous filons plus loin.

 

Nous longeons, d'assez loin, la côte française, et enfin nous voyons Marseille.

Nous approchons du port. 

Doucement, nous passons près du célèbre château d'If.

Nous passons entre deux phares et devant nous... le port... la ville de Marseille, la France,

la Liberté, la fin de nos cauchemars !

 

Nous avons le coeur serré et avons beaucoup de mal à dissimuler notre émotion.

Nous sommes tous sur le pont, mais bien répartis cette fois-ci.

Nous approchons lentement, très lentement du quai sur lequel il y a beaucoup de monde.

 

Et soudain, crevant le silence, une vibrante Marseillaise s'élance des instruments

de cuivre d'une fanfare alignée sur le quai (1) !

 

C'en est trop ! Le choc est trop rude !

Au milieu des cris de joie que nous pensions pousser à ce moment précis, tous, nous

éclatons en sanglots, nous pleurons, pleurons.

Les deux mille rescapés que nous sommes, ne pouvons pas contenir notre émotion !

C'est bête, mais c'est ainsi !

Enfin, on se reprend. Mais, il faut attendre, toujours attendre. quelques heures passent.

Remue-ménage sur le Tamaroa.

Ca va descendre... mais pas nous.

 

D'abord 32 généraux belges, qui étaient prisonniers et qui ont fait le voyage en

mer avec nous, descendent sur la passerelle et foulent le sol français.

Enfin, nous descendons nous aussi !

Ca y est, nous sommes enfin en France !

 

Maintenant, c'est la joie ! On nous emmène au centre d'accueil de la Croix-Rouge.

Nous sommes répartis dans plusieurs bâtiments. Par petits groupes, nous passons dans une

pièce, et là, des jeunes femmes nous désinfectent des pieds à la tête !

Nous gardons notre pantalon, mais elles tirent sur la ceinture et nous envoient une bonne

seringuée de D.D.T sur les cuisses ! Comme pour du bétail !

 

Ensuite, interrogatoire serré dans un bureau : d'abord notre capture par les

Allemands, notre séjour en Allemagne, puis la traversée du front de l'Armée

Rouge, nos lieux de séjour, etc, notre retour d'Odessa, etc.

 

Tout cela terminé, nous avons quand même eu droit à un casse-croûte !

Il était temps, nous commencions à avoir faim.

 

Tout nous paraît drôle ici en France : les femmes portent des jupes courtes, très courtes !

 

On ne peut pas dire que ça nous choque (!), mais en Prusse orientale, en Pologne et en

Russie, nous étions tellement habitués à voir les femmes avec des robes sombres

descendant jusqu'aux chevilles, que ça nous surprend énormément.

 

Nous avons l'impression d'être sur une autre planète ! Il faudra bien s'y faire...

 

(1) Dans "Blogs et sites préférés" à "G.M 2, Odessa-Marseille", un document de l'INA :

"Retour des prisonniers à Marseille (venant d'Odessa) libérés par l'avance soviétique"

Actualités Françaises du 6 avril 1945.

 

-Article dans la rubrique "Guerre mondiale (2ème) : Diem perdidi (7).

Commentaires (1)

clemenceaudupetitmoulin le 06/02/2016
Afin de faciliter la lecture du récit de Gabriel Noury, son texte a été entièrement "aéré" (notamment avec des espaces entre chaque date et des événements différents qui surviennent...mais sans changer le fond !)... Reste quelques photos à rajouter et encore quelques notes à compléter.

Bonne (re)lecture !

http://clemenceaudupetitmoulin.centerblog.net


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